Publié dans apprentissage, école, éducation, Etre parents, Lecture, Réflexion

La peur d’apprendre de Serge Boimare

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J’ai ressorti mes notes de l’époque afin de continuer mon investigation.

La première d’entre elles (sources de difficultés) est un seuil de tolérance à la frustration insuffisante pour supporter la remise en cause de l’apprentissage. La deuxième, une difficulté à trouver la bonne distance relationnelle avec celui qui détient l’autorité. Quant à la troisième, elle touche le désir de savoir qui n’arrive pas à être mobilisé ou récupéré dans le cadre scolaire

Incontestablement, si à la maison l’on ne frustre pas les enfants, il est évident que l’enfant en arrivant à l’école va se scratcher en plein vol. Mettez-vous à la place de l’enfant qui arrive à l’école, pensez à ces frustrations multiples et variées que vont vivre ces chérubins.

Petits florilèges de frustrations:

  • Attendre son tour pour avoir le beau vélo rouge.
  • Ne pas pouvoir donner son idée car la maitresse a interrogé Sacha.
  • Accepter que son équipe n’a pas gagné la partie.
  • Attendre le lendemain de faire l’atelier de peinture tant aimé.
  • rester assis au coin regroupement pendant que la maitresse cause.

Ce petit florilège est celui des premières frustrations vécues en petite section.

Et plus, l’enfant va grimper dans la hiérarchie scolaire plus la capacité à accepter la frustration va être un élément favorable pour les apprentissages. La capacité à accepter la frustration va être indispensable pour apprendre des notions pas très concrètes et fun comme le COD, les fractions, le passé composé,…Cette capacité est indispensable dans l’acceptation de se tromper, de faire des erreurs. Si l’enfant n’est pas habitué à être frustré, il ne souhaitera pas se tromper ou faire des erreurs donc il n’essaiera pas, il ne prendra pas de risque. Mais l’erreur est un élément fondamental dans l’apprentissage.

(…) une défaillance éducative précoce pèse d’un grand poids dans la peur d’apprendre.
(…) la défaillance éducative précoce peut être évoquée dans deux circonstances. La première c’est lorsqu’un enfant a été soumis, dès les premières semaines de son existence, à un cadre de vie insécurisant, marqué par la désorganisation et la dispersion.
(…)
La deuxième circonstance qui peut faire évoquer la défaillance éducative précoce résulte, cette fois, de l’incapacité dans laquelle ont été certains parents à pouvoir initier ou imposer à leur enfant l’épreuve de la frustration qui accompagne l’apprentissage et qui se met en place tout particulièrement dans les premières années de la vie.

(…)
Cette défaillance éducative précoce joue un rôle déterminant dans le devenir intellectuel des enfants. Ceux qui l’ont connue vont avoir besoin, pour maintenir un équilibre psychique précaire, de se protéger de l’exercice de penser. Ils ne supportent pas plus le cadre fait de règles et de lois qui lui est nécessaire que la confrontation avec le manque et la solitude qu’il impose.
Dès leur plus jeune âge, ils s’en défendront en développement une carapace protectrice dont le flou des repères, le refus de la remise en cause et du doute, le déni du monde intérieur vont être la clef de voute.

Attention, je ne suis pas là pour jeter la pierre sur les parents qui font comme ils peuvent.
Comme le constat est là, il y a un grand intérêt à travailler avec les parents afin de les aider dans leur parentalité. Et c’est là, que la maternelle a un grand rôle à jouer. Dans le projet d’école, il devrait y avoir se voler d’accueil des parents. Si en maternelle, le lien établi avec les parents est un lien de confiance et de non jugement, les parents arriveront le plus souvent à remédier à leur « défiance éducative ». Les parents en difficultés éducatives, sont souvent démunis et sont souvent en attente de l’enseignant. Certes, nous n’avons pas la formation adéquate pour ce genre de relation co-éducative . Mais c’est un enjeu fondamental alors il faut s’autoformer et ne pas toujours attendre l’institution.

 

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2 commentaires sur « La peur d’apprendre de Serge Boimare »

  1. Que décembre doit être un mois difficile pour les enseignants avec les élèves énervés et dans l’exigence de noël. Car Noël commence maintenant le 1er décembre avec les calendriers de l’avent commerciaux, et les enfants sont juste dans une exigence totale et des demandes permanentes … Jusqu’au 24. Intolérance totale à la frustration à la maison, je n’ose imaginer,â situation en classe où ils s’excitent les uns les autres à la récré avec leurs listes imaginaires de cadeaux…
    Joyeux Noël

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