Publié dans apprentissage, école, Femme d'exception, Marotte

Marie Curie

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Vous commencez à me connaitre une de mes marottes c’est d’œuvrer pour l’égalité des filles et des garçons et bien évidemment de lutter contre les clichés.

J’essaye de traquer les « attitudes » stéréotypées de l’école. L’école est encore  un lieu qui fait perdurer les stéréotypes . Il y a pleins de petits détails de la vie d’une classe qui sème l’inégalité fille-garçon. Trop souvent les enseignants le prennent encore à la légère.

Il manque un peu de femmes dans nos manuels scolaires. Toutefois, on commence à les voir arriver dans les manuels.

Comme on est mieux servi que par soit-même, je fabrique mes fiches.

Cette fois-ci, je profite de ma séquence de sciences sur les mélanges et solutions pour parler de Marie Curie. Alors zou, voici ma nouvelle fiche ICI.

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Publié dans apprentissage, école, éducation, Cas d'école

Une élève parmi d’autres #8

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Elle, c’est mon petit moineau. Elle est frêle et son attitude est très souvent en attente de l’approbation, de l’encouragement.

Avec elle, je ne mets que des gants de velours .

Avec elle, j’instaure une relation douce et encourageante. Elle me semble toujours au bord de la fragilité, elle a si peu confiance en elle, elle doute.

Il y a des moments où son sourire malicieux la rend plus forte, la rend même taquine envers moi. Maintenant elle me connait, elle sait que je suis bienveillante et qu’elle peut avoir confiance.

Le Monde l’effraie, elle rêve d’être plus tard « douanière pour protéger sa famille ». Elle a peur des absences de son père, de son métier qui rime avec arme, danger…Dans sa tête, il y a quelquefois des inquiétudes qui l’empêchent d’apprendre, qui l’empêchent de réfléchir.

Quelquefois, une vague d’angoisse l’assaillie et elle se noie. Son visage m’interpelle et je lui jette vite une bouée de confiance et d’encouragement. Quelquefois, des perles de larme roulent sur ses joues avec autant de discrétion qu’elle.

Une famille fragile mais qui fait de son mieux. Une maman fragile aussi qui se débat quelquefois avec la vie et ses agitations.

Cette année, en CM2, elle va mieux, elle a l’air de reprendre un peu confiance. Peut-être qu’elle s’en durcit plus, qu’elle fait plus la part des choses. Peut-être se permettait-elle de plus vivre sa vie d’enfant?

En tout cas, j’espère qu’elle va continuer à s’épanouir pour enfin prendre son envol . J’espère qu’elle va continuer à prendre confiance en elle.

Publié dans apprentissage, école, éducation, Marotte, projet

Un beau projet rempli de bienveillance

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Et voilà, nous venons de boucler un bien beau projet dans notre école. Nous avons eu la chance d’être une école pilote dans notre secteur pour un projet de 8 séances menées par le psychologue scolaire.

Ce projet a comme ambition de développer les compétences relationnelles et émotionnelles de nos élèves. Tous nos élèves ont bénéficié de ce projet.

L’an dernier, le psychologue scolaire avait testé son dispositif sur 6 élèves de nos CM1 que nous avions sélectionnés au préalable. Mais au bilan, nous nous sommes rendu compte qu’il était indispensable que le dispositif soit ouvert à tous et que nous, les enseignantes nous devions être impliquées dans ce projet afin de le faire vivre au quotidien.

Ce projet nous a permis d’aborder l’empathie, connaitre ses émotions aussi celles des autres. Chaque séance suivait une trame identique mais abordait un sujet différent.

Nous avons appris à adresser:

  • un compliment,
  • une demande affirmée,
  • un refus,
  • une remarque négative

J’ai établi à chaque fois une recette avec les ingrédients nécessaires pour une bonne formulation. Nous les avons affichées en classe. Chaque élève est reparti à la maison avec , enfin d’en discuter avec ses parents.

Et maintenant on s’entraine au quotidien. Dès qu’il y en a besoin, on aide à la reformulation. Nous, aussi les enseignantes, nous faisons l’effort d’utiliser les bonnes formulations.

Nous ferons un point dans quelques mois afin de voir comment tout ce beau projet a été digéré et vécu. Ce qui est sûr, c’est que nous, les enseignantes, nous sommes les seules garantes de l’épanouissement ou non de ce projet.

Certains parents se sont emparés du projet à la maison.

Ce projet m’a beaucoup enthousiasmé car il va dans le sens de ce que je rêve pour l’école.  Cela m’a redonné un peu plus d’espoir dans l’avenir.

La prochaine étape, cela serait que toutes les classes de notre groupe scolaire se lancent dans ce projet. Il y aurait une continuité de la PS au CM2. Il faudrait y associer aussi le périscolaire. I HAVE A DREAM 😉

 

 

Publié dans apprentissage, école, GirlyMowgli

Une petite couche de plus…juste une petite

Je reviens sur le post où je me lâchais un peu sur la gestion du comportement dans la classe de ma fille (voir ICI).

L’enfant est revenue avec son classeur et j’ai eu la grande joie (Grrrrrrrr!) de prendre connaissance de ce fameux fonctionnement.

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Allez, je n’en dis pas plus, je vous laisse juger par vous même.

 

Alors cela vous inspire quoi comme commentaire?

Publié dans apprentissage, école, éducation, être soi, Etre parents, GirlyMowgli, Réflexion

Sacrifice sur l’autel de la performance?

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Les zatypiques – épisode 2

C’est donc à nous, parents, de nous demander si sacrifier le bonheur de notre enfant sur l’autel de la performance et de la conformité vaut vraiment le peine. Nous restons les meilleurs supporters de nos enfants. si nous arrêtons de croire en eux, il sera difficile pour eux de croire en eux-mêmes. Nous entendons trop d’adultes dirent qu’il faut habituer les enfants à souffrir car l’employeur ne leur fera pas de cadeau. Aïe! Ouch! Cela veut-il dire qu’il faille les casser pour en faire des adultes dociles qui fileront droit et seront conformes aux attentes patronales dans le but d’assurer la sécurité de l’emploi? Ne vaut-il mieux pas aider nos enfants à cultiver et renforcer leur confiance en eux pour en faire des adultes capables d’affronter une réalité du travail difficile? N’est-il pas d’aider nos enfants et encore plus ceux qui sont atypiques à nourrir leur créativité, à aiguiser leur regard, à être en relation, à oser entreprendre et à développer leurs talents pour en faire des adultes audacieux, responsables, libres et heureux?

Je vais rester uniquement du côté de la mère dans ce post.

Je trouve qu’il faut être bien camepé dans ses baskets de parents pour ne pas se laisser emporter par les sirènes de la performance ou celle de la conformité. Mais d’un autre côté, on n’a pas le choix de faire barrage à ces sirènes si nous voulons que nos enfants soient les plus heureux possibles.

Certes, c’est facile pour moi de vous dire cela car ma fille est en CE1 et elle ne rencontre, à ce jour, aucune difficulté scolaire et elle est très scolaire. Peut-être que dans quelques années, il me sera peut-être plus difficile de ne pas résister aux sirènes de la performance…peut-être.

Aujourd’hui, l’école ne garantit plus l’accès un travail…c’est terminé et cela ne le sera jamais plus. C’est comme cela. Notre enfant qu’on aura poussé  pour qu’il fasse des études pourra se trouver au chômage et en plus, malheureux.

Je ne sais pas si ma fille sera heureuse dans une entreprise qui est de plus en plus inhumaine. Peut-être sera-t-elle bien plus heureuse en étant bergère…je rigole…Quoique.

Au jour d’aujourd’hui, je ne sais pas quel métier pourra la rendre heureuse. Mais aujourd’hui, je n’ai absolument pas envie de la pousser plus qu’il en faut dans son travail scolaire.

Alors est-ce qu’elle est bien dans ses baskets d’écolière car nous avons  une exigence moyenne (le papa un peu plus peut-être) et aucune concernant la performance? ou bien a-t-elle un bon niveau uniquement grâce à ses capacités et à son tempérament? Je ne sais pas et je m’en fous.

Quand je vais la chercher à l’école, je lui pose toujours la question sur le temps périscolaire « C’était sympa l’activité que tu as faite? ». Quelquefois, je lui demande de me dire un truc qu’elle a bien aimé dans sa journée. Comme elle est très scolaire (et que sa maman est maitresse), elle raconte sa journée…elle trie bien évidemment. Mais il y a des jours où elle est atteinte d’amnésie, c’est comme ça, on passe à autre chose.

Aux réunions de rentrée (de la classe de GirlyMowgli), je sens bien comme certains parents sont tendus, je plains leur gosse.

Non, nous ne sommes pas des parents « laxistes », « je m’en foutiste », non on peut être des parents chiants (si vous l’entendez souffler !!). Nous avons des exigences, des valeurs sur lesquelles on ne déroge pas:

  • Face à la difficulté, on n’abandonne pas.
  • On travaille avec sérieux (cuisine, bricolage, devoir…), avec rigueur.
  • On assume ses erreurs. et on les répare …

 

Nous ne savons de quoi sera fait l’avenir,

alors ne leur pourrissons pas trop leur enfance.

Publié dans apprentissage, école, Troubles des apprentissages

Mes lectures 2017 #30

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Et voilà de retour Audrey Akoun et Isabelle Pailleau, les auteures de « Apprendre autrement avec la pédagogie positive » (voir mon post ICI).

Ces auteures ont décidé d’écrire sur ces enfants atypiques: précoce, hypersensible…Ces enfants dont le système éducation Nationale ne sait pas toujours quoi en faire, comment faire avec eux.

L’enseignement en France reste trés académique, vertical et magistral par rapport à l’évolution du monde (….)

Nous subissons un système éducatif obsolète, qui démotive et fait souffrir élèves et enseignants. Un système qui prône l’égalité sans être capable de garantir l’équité. Rappelons que l’égalité, c’est le fait que tout le monde ait le même statut et les mêmes droits. L’équité, c’est l’ensemble des moyens mis en oeuvre pour parvenir à l’égalité. Cela signifie que l’on va s’adapter à la situation de chacun pour que tous démarrent avec le niveau de chances.

Equité, adaptation: deux mots importants et qui sont fondamentaux dans notre manière d’enseigner. Comment se fait-il que dans une classe de niveau, tous les enfants ont toujours les mêmes supports, les mêmes consignes? Les enseignants sont quelquefois tiraillé quand ils doivent différencier: « Comment les élèves vont régir si je donne moins de poésie à copier à un tel? Que vont penser mes élèves si je donne un exercice à un élève alors que les autres doivent en faire deux? »

  1. les enfants comprennent très bien quand on explique qu’est-ce que c’est la différenciation pédagogique et à quoi cela sert. Les enfants comprennent bien qu’ils n’en sont pas tous au même niveau au même moment et dans toutes les matières.
  2. Différenciation pédagogique rime aussi avec exigence. Mon élève qui a une dysgraphie, lorsqu’il écrit ces 4 vers de la poésie et il a le devoir de faire de son mieux, sinon il recommencera.

Ce livre, si je devais le résumer très vite, il défend les droits des enfants à être différent. Ces auteurs partent du principe que c’est au système à s’adapter à eux. Et comme avec l’ouvrage précédent, les auteures donnent des pistes intéressantes. Je pense que je reviendrai vous en reparler par ici.

Si nous voulons vraiment mettre en oeuvre l’égalité des chances, alors il est nécessaire de changer le regard que nous portons sur nos enfants qui ne rentrent pas dans le moule. Cela implique que l’institution scolaire évolue. Cela demande également aux parents de revisiter leurs croyances et de faire le point sur leurs attentes : voulons-nous en tant que parents que nos enfants soient les premiers de la classe ou voulons-nous qu’ils soient épanouis et confiants ?

Publié dans apprentissage, école, être soi, Pleine Conscience, Troubles des apprentissages

Zone de turbulence

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Fin du mois de septembre début octobre, je suis passée dans une zone de turbulence. Les vieux démons sont réapparus, sont venus me susurrer des doutes au creux de mes nuits. Ils sont venus avec leur lot d’insomnie.

Au travail, des doutes effroyables m’ont accaparée. Plus de secrétaire, mon boulot de directrice vampirisant et une tonne de frustrations .

Depuis quelques années, dans ma classe j’ai des loulous quelque peu déconcertants qui me pompent une très grande énergie, qui me demandent sans cesse de réinventer ma pratique. Ces enfants-là me questionnent, me mettent souvent en échec. J’ai trop souvent grincé des dents, trop souvent eu envie de jeter l’éponge face aux impasses. Cette année, dans ma classe j’ai un enfant non lecteur , non « écrivain » dû à une grande dyslexie. Et j’ai deux enfants avec un TDA avec hyperactivité avec des troubles d’apprentissage associés ou autre. Vous me direz que c’est ça dans toutes les classes maintenant. Oui mais des fois le manque de formation et notre système nous laissent nous dépatouiller avec ces enfants.

Depuis quelques années, j’ai l’impression de ne plus pouvoir créer, me lancer dans des projets. Je suis frustrée.

Et là, cette année, plus d’emplois aidés donc à la trappe ma secrétaire que j’avais à mi-temps. Je suis une directrice sans jour de décharge. Ce qui veut dire que dès que j’ai 5 mn ou le temps d’une récréation, je me précipite pour faire de la direction. De plus, mon élève non lecteur, n’étant pas autonome face la consigne me demande de jongler, de mettre en place des activités dans lesquelles il va être autonome.

Alors un jour, je me suis sentie aspirée par l’ampleur de la tâche. Dans ma tête, une idée ne faisait que me hanter « Vais-je un jour reprendre du plaisir dans mon enseignement? ». Alors la tyrannie du mental y allait de bon train.

Puis au bout de 15 jours de cadence mentale vertigineuse, je me suis rappelée que j’avais désormais des outils pour me recentrer, pour arrêter de vivre dans ma tête.

J’ai plus médité: le soir, je me suis fait une séance supplémentaire de médiation. Je ciblais des médiations guidées autour des pensées envahissantes, du stress…

Je me suis mis des post-it « Just breathe ». La page de verrouillage de ma tablette a cette injonction aussi. J’ai tenté de mettre à distance les éléments toxiques. J’ai continué de lire, j’ai regardé des vidéos inspirantes ou écouter des podcasts.

J’ai complété mes compléments alimentaires avec de la rhodolia.

Et puis au fil du temps, j’ai réussi à sortir la tête  de l’eau. J’ai eu l’impression de vraiment être plus présente pour mes élèves, de mieux vivre le présent dans ma classe. J’ai réussi la dernière semaine à me mettre à jour sur mes affichages, sur mes classeurs qui auraient dû être fait depuis le début septembre.

Je ne sais pas comment va se dérouler cette année dans ma classe. Peut-être que cette année sonne la fin de cette aventure dans cette école. Peut-être qu’il est vraiment temps de partir, de tourner la page car là, dans cette école de deux classes, j’en ai fait plus que le tour.