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De l’égo au groupe

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Eux et moi nous avons trouvé un équilibre durant cette dernière période. Des conflits ont persisté mais dans l’ensemble ils ont réussi à jouer la même partition.

La tempête s’est calmée et nous avons pu connaitre une période calme, pourtant elle fut longue.

Je crois que plus on se rapprochait de la fin, plus ils tissaient des liens chaleureux et tendres avec moi. Incontestablement, beaucoup ont peur de cette nouvelle aventure : le collège. Alors il y a eu des régressions. Dans ces moments-là, je les ai accompagnés avec plus de bienveillance.

Terribles enfants si attachants. Il y a eu des années où certains enfants étaient plus froids moins dans le lien avec moi. Ils partaient sans dire au revoir. Ils avaient traversé ma classe. Mais le cru de cette année a été haut en couleur. La plupart d’entre eux ne sont pas dans la nuance, ni dans le pastel, ce sont des couleurs vives sans compromis, sans filtre.

Depuis quelques temps, j’ai bien vu qu’il se tramait quelque chose avec mes CM2: des sourires discrets, des regards complices, des objets cachés, des enfants qui me surveillaient en récréation…La fin d’année arrivant j’ai compris qu’ils me préparaient une surprise. Comme souvent, j’ai fait ma naïve qui ne voyait rien. Je ne m’attendais pas à cela.

Un petit groupe d’enfants ont été les chefs d’orchestre d’une sacrée surprise qui m’a beaucoup touchée.

A la fin de notre spectacle de fin d’année, ils m’ont demandé de les accompagner sur scène et là, ils m’ont offert une boite à chaussures remplie de petits présents faits par eux ou achetés…beaucoup de sucreries 😉

Ils étaient vraiment très touchants.

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Publié dans apprentissage, école, éducation

Un carquois et des flèches

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Quand cette année, nous avons été confrontées au harcèlement scolaire et au climat d’école qui se détériorait…nous avons tourné et retourné la situation pour comprendre.

Les enfants avaient souvent des rapports aux autres qui relevaient du rapport de force, du rabaissement, des moqueries…Nous étions devenues le bureau des pleurs « Il m’a dit ça », « Il m’a fait ceci. » . Et toujours par bienveillance, nous nous escrimions à essayer de régler ces diverses situations. Nous avons opté pour la solution de l’adulte, c’est à l’adulte de régler cela.

Et là, j’ai écouté un podcast d’Emmanuelle Piquet « Souffrances dans la cour: mieux armer les enfants contre le harcèlement. » et là, ce fut THE révélation. Emmanuelle Piquet,  psychopraticienne en thérapie brève, fondatrice des centres chagrin scolaire, prend un tout autre angle. Pour elle, il faut que nous n’intervenions pas dans les relations entre les enfants (à part grosse problématique). Nous devons apprendre à nos enfants à tous âges (elle raconte une anecdote à la crèche) à avoir un carquois dans leur donner et apprendre à tirer des flèches (avec les mots, avec l’humour). Elle part du principe que le harcelé, s’il ne règle pas lui-même son problème, sera toujours dans cette position.

Elle est très intéressante à écouter, elle a beaucoup d’humour. Et elle s’appuie sur les cas qu’elle a été amenée à traiter.

Depuis que j’ai écouté Emmanuelle Piquet, j’essaye d’agir différemment. Quand un enfant vient se plaindre d’un autre, nous réfléchissons ce qu’il pourrait faire lui (tirer sa flèche). L’idée c’est que l’enfant se rende compte qu’en faisant bouger les lignes, cela a de fortes possibilités de marcher.

Et le deuxième effet kiss cool, l’enfant aura rempli son réservoir d’estime de soi. Il sera content de lui d’avoir agi par lui-même.

Il n’est pas facile aux adultes (parents ou enseignants) de garder une certain distance. En voulant bien faire, nous envenimons les choses car du coup, les « embêteurs » le feront avec plus de sournoiserie.

Je vous conseille la lecture de cet article: « Cette femme apprend aux enfants à riposter. »

Et voici deux des ouvrages d’Emmanuelle Piquet que je n’ai pas encore lus.

Publié dans apprentissage, école, être soi, Humeur

Cela ressemble à un consensus.

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Je mettais une croix pour tout jour fait dans cette classe.

J’ai beaucoup crié, je me suis beaucoup agacée contre ce groupe si compliqué. J’ai été frustrée de ne pouvoir amener tant de projets au bout.

Cette année fut parsemée de beaucoup d’agressivités, d’agitations, d’égos  surdimensionnés. Et puis il y a eu aussi à gérer des problèmes de parents. Ce fut compliqué mais j’ai réussi à séparer ma vie perso de ce chaos.
J’ai été déçue de ne pas arriver à lâcher prise quand j’étais face à eux.

Et puis un jour, eux et moi on s’est amarrés ensemble, nous sommes montés dans le même bateau . J’ai réussi à lâcher prise, nous avons plus ri, j’ai moins crié, j’ai ressenti moins d’agacement en moi. Quelque chose s’est apaisée en moi et j’ai pu créer plus de liens entre eux et moi. Ils sont toujours aussi agités, beaucoup sont à côté de la plaque.

Ce qui est fou, c’est que durant tous ces mois si compliqués, j’ai toujours su que ce groupe si « électron libre », m’estimait beaucoup. Entre eux et moi (eux et leur enseignante de référence), il y a une relation comme des maternelles avec leur maitresse ou maitre.

Peut-être qu’en cette fin d’année, le collège arrivant ils ont besoin de se rapprocher. Je sens qu’ils sont tiraillés. Quelquefois, certains me disent en souriant si je peux les garder l’an prochain. Oui, c’est indéniable, j’ai lâcher-prise en ce dernier mois d’école. Je ne ferai pas de miracle désormais, c’est un fait. Mon âme de maitresse a intégré ce paramètre.

Certains ont avancé, certains ont grandi, d’autres se sont enlisés, n’ont pas trouvé sens à l’école.

Dans cette classe, on rit, on partage des bons moments…mais aussi je leur mets encore quelques dégagés, dans ces moments-là, ils ressemblent au chat Potté.

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Publié dans apprentissage, école, Cas d'école

Un élève parmi d’autres #7

Lui, il est chétif, c’est un petit gabarit. Pourtant les parents ne sont pas de petits gabarits surtout le papa. Mais lui, il ressemble à petit oisillon tombé du nid. A force de vivre avec lui dans l’école ou dans la classe, au fil des années, au fil des observations, au fil des relations, j’ai appris à comprendre que l’angoisse, le stress le rend chétif. Il est très jovial, il a un sourire qui n’ose pas, qui est retenu. Quelquefois, dans la classe, l’éclat de rire le submerge, le dépasse.

Depuis deux ans, il s’est installé dans un rituel qui est devenu un cercle vicieux. Dès qu’il doit passer devant ses camarades: exposé, poésie, …il démarre la journée en sanglots, la tête dans les bras. Il a du mal à se calmer, je le fais souffler. Souvent cela finit qu’il  me récite qu’à moi. Desfois, je ne déroge pas, je l’accompagne mais il doit passer devant ses camarades et là, il prend son envol. Les parents ont tenté de s’occuper de son stress, mais en vain. A chaque fois que le professionnel se rapproche du problème, il se met en croix et il refuse de retourner le voir. En ce moment, il a un joli bracelet avec des pierres contre le stress mais bon…c’est pour l’instant inefficace.

C’est un enfant attachant qu’on aurait tendance à protéger, qui  dépend de l’adulte. Il n’arrive pas à prendre des décisions, tellement peur de ne pas prendre la bonne. Il n’arrive pas à déterminer ce qu’il veut faire, il attend que l’adulte choisisse pour lui.

C’est un enfant en grandes difficultés: des difficultés avérées mais d’autres  non. Oui, il a une dysorthographie. Mais pour moi, ce n’est pas ça le fond du problème. Il a des capacités pour faire mieux mais il trie, il ne s’implique pas dans ce qui lui demande des efforts. C’est un passionné de géométrie, il a un compas dans l’œil, il reproduit les figures rapidement. Il passe son temps à démonter, construire. Sa trousse est la caverne d’Ali baba. Nous lui avons trouvé un surnom gentil en accord avec notre lecture: Dédale l’architecte.

Mais voilà les années passent et c’est la fin du primaire, ce petit garçon chétif si stressé va devoir se jeter dans la gueule du collège car c’est cela aussi grandir.

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Lire ensemble et partager

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J’aime beaucoup lire. J’ai eu des hauts et des bas mais globalement je lis beaucoup. J’aime être emportée par une lecture, découvrir de nouvelles cultures…Plus je vieillis, plus j’ouvre mon éventail de mes possibles.

Avant d’être maitresse, j’ai travaillé pendant plus de cinq ans dans des bibliothèques d’école sur un groupe scolaire dans une zone dite sensible . Spécialement, j’avais en charge la bibliothèque maternelle. Ces années font partie de mes très bons souvenirs, je me suis régalée. C’est à cette période que je suis passionnée pour la littérature enfantine et pendant ces 5 années, mon fil rouge fut de transmettre le plaisir de lire aux élèves.

C’est aussi durant cette période que j’ai compris que le préalable à l’apprentissage de la lecture, c’est que l’enfant éprouve du plaisir avec l’objet livre. Les enfants qui n’ont pas de but personnel pour lire, auront très souvent un apprentissage de la lecture plus laborieux. Un enfant qui apprend à lire pour passer en CE1 ou parce qu’on lui demande, pédalera plus dans la choucroute. Par contre, un enfant qui a un projet personnel, qui aime les livres aura la motivation nécessaire pour apprendre les rudiments de la lecture.

Alors oui, tout cela est possible par la transmission d’un adulte et à fortiori les parents. Mais pas que…les enseignants ont leur part à jouer dans cette transmission du plaisir de lire.

Un parent qui ne lit pas, donc qui n’aime pas lire, aura plus de mal à transmettre le plaisir de lire « Si c’est si bien de lire, pourquoi tu ne lis pas? »

Par chez nous, nous lisons des livres à GirlyMowgli depuis….des années. Nous avons commencé vers ses 10 mois. Depuis tous les soirs, c’est un de nous qui lit un livre. Elle devait avoir un an quand nous avons commencé à fréquenter régulièrement la médiathèque.

Maintenant nos lectures ont pris une autre tournure car elle commence à bien lire. Elle a des goûts qui ont évolué. Certains de ces goûts sont encore compliqués pour qu’elle puisse lire en autonomie.

A la médiathèque, je prends aussi des petits romans que nous lisons à deux voix. Son maitre nous a mis un mot dans le cahier de liaison pour  inciter les parents à faire lire autre chose que le livre de lecture de la classe…Alors si le maitre le dit…parole d’évangile 😉

GirlyMowgli découvre les joies de la lecture et elle partage cela avec nous. Je lui propose souvent de partager des lectures. Je m’adapte à son humeur du jour, le but c’est d’être que dans le plaisir. Quand elle en a marre, on arrête. Pour l’instant, ça fonctionne…pourvu que cela dure.

En cliquant sur ce lien, vous découvrir les bonnes raisons de lire des histoires à nos enfants: http://apprendreaeduquer.fr/10-raisons-lire-histoires-aux-enfants/

 

Partagez le plaisir de lire avec votre enfant.
Ne jugez pas ses lectures, il n’y a pas de bonnes lectures et de mauvaises lectures.

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Publié dans apprentissage, école, éducation, Femme d'exception, Marotte

Les femmes dans le programme

Je continue à ma manière de lutter contre les clichés fille-garçon dans ma classe, voire dans mon école. Il me semble très important de sortir de certaines représentations qui ne permettent pas l’égalité. Mais n’étant pas formée, c’est ma conviction qui me fait m’y intéresser.

Heureusement, je constate que depuis quelques années, le ministère a entamé une démarche dans ce sens.

Cette année, je m’approprie les nouveaux programmes. Chose qui ne peut pas se faire en une année. De plus, ce sont des programmes intéressants mais à la première lecture, ils furent déconcertants. Ils sont rédigés d’une manière différente…allez j’ose….de manière innovante. Cette année, au fil du temps, nous avons pu avoir en notre possession les documents d’application, d’aide à la mis en place de ce programme. (le site Eduscol est très complet)

Pour être honnête, j’ai un partie pris car j’aime ces programmes. J’ai souffert pendant des années avec  les anciens programmes, je me sentais à l’étroit et pas en adéquation avec mes convictions pédagogiques.

Comme d’habitude, toute nouveauté crée un tollé, un tsunami d’indignation. Et encore une fois, on ne montre pas que de très nombreux enseignants sont très satisfaits par ces programmes. Certes, il a fallu trouver l’angle de lecture au début.

Exemple de tollé: le prédicat
Quand est arrivé ce terme dans nos programmes, les détracteurs de Mme Najat Vallaud-belkacem s’en sont donnés à coeur joie.
Les gens « contre » ont sorti le fameux argument du nivellement par le bas « pff, horreur malheur, ils enlèvent le COD, COI pour le remplacer par le prédicat. »  Franchement, pour être professionnelle et non pas commentatrice à l’affût de dénigrer sans cesse sans savoir; sans aucun regret j’ai laissé le COD/COI de côté. Il n’a pas totalement disparu de ma classe car certains enfants connaissaient déjà ces termes. Mais voilà, quand tu passes un temps fou à faire passer la notion et que tu as une petite voix qui te dit « Maitresse, moi mon frère en cinquième il travaille sur le COD/COI comme nous » et bien moi cela m’emmerde. Je préfère installer des bases qui seront affinées au collège. Ah! oui du coup, que je vous dise, une des nombreuses raisons pour laquelle j’aime ces programmes, c’est qu’enfin on tend vers plus de cohérence entre l’école et le collège.
Pour en finir avec le prédicat, cela fait des années que les enseignants canadiens l’utilisent….et roulement de tambour…le niveau n’a pas baissé.

Peu à peu dans l’année, je m’approprie les programmes. je me suis plongée dans celui de l’histoire car il est différent. Quelle fut ma joie quand j’ai vu écrit:

Les moments historiques retenus ont pour objectif de mettre en place des repères historiques communs, élaborés progressivement et enrichis tout au long des cycles 3 et 4, qui permettent de comprendre que le monde d’aujourd’hui et la société contemporaine sont les héritiers de longs processus, de ruptures, de choix effectués par les femmes et les hommes du passé.

(…)

Comme l’objectif du cycle 3 est de construire quelques premiers grands repères de l’histoire de France, l’étude de la monarchie capétienne se centre sur le pouvoir royal, ses permanences et sur la construction territoriale du royaume de France, y compris via des jeux d’alliance, dont la mention permet de présenter aux élèves quelques figures féminines importantes : Aliénor d’Aquitaine, Anne de Bretagne, Catherine de Médicis.

Nouveaux programmes

L’an dernier, j’avais commencé à créer des fiches concernant les femmes dans l’histoire: ma première était sur « les femmes sous la Révolution française » que vous trouverez dans l’onglet « Vivent les femmes ».

Cette année, j’ai travaillé sur différents rois , j’ai élaboré une fiche sur Blanche de Castille que vous trouverez en cliquant sur l’image.

Blanche

Publié dans apprentissage

Technique Pomodoro

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Mais késako cette technique? Pomodoro comme tomate  en italien et bien oui 😉

Depuis quelques mois, je me suis lancée dans un dépoussiérage de mes habitudes et autres.

Au cours de mes diverses lectures, j’ai découvert cette technique. Elle permet de gagner en efficacité, en concentration dans son travail. Je l’utilise lors de mes journées de préparation de classe pendant les vacances. Je bloque deux grosses journées pour préparer la période de travail à venir. Mais quelquefois (voire souvent) je perdais du temps. Soit je me laissais happer par le net et les réseaux sociaux en faisant des aller-retours entre boulot et réseaux sociaux. soit je partais sur un sujet et j’y passais des heures.

Avec cette technique, ouste du balai le vagabondage, la perte de temps …ouste le multitâche

La technique:

  1. Je choisis la tâche sur laquelle je veux travailler. Je me l’écris sur un papier.
  2. J’enclenche le chronomètre : 25mn. Et durant cette période, je me focalise sur ma tâche. Pas envie de distraction car j’ai 25 minutes devant moi.
  3. Le chrono sonne. Pause de 5 minutes (chrono enclenché). Je me lève, je me bouge ou autre
  4. Je procède comme cela durant 4 cycles de 25 mn.
  5. Au bout de ces 5 fois 25 mn, je fais une pause de 15 mn.

Je pratique cette technique depuis quelques temps et c’est TOP. J’ai l’impression d’être plus productive et ma concentration est meilleure car je me focalise sur une tâche.

En cherchant sur le net, vous en saurez un peu plus sur cette technique. Mais peut-être que vous la connaissiez déjà?