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Envie d’empathie, de non-violence

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Après avoir eu besoin de gérer trop souvent du harcèlement scolaire dans mon école, après être entrain de trop souvent gérer des conflits violents dans la cour (surtout en verbal et en agressivité), j’en suis arrivée à être insatisfaite de nos actions. Une impression de tourner en rond. Un goût amer d’insatisfaction.

J’ai envie de plus d’empathie, j’ai envie de plus de paix dans notre microcosme : l’école.

Certains diront que l’école ne peut pas tout faire et ne peut pas combler les manques des familles. D’autres diront que les actions menées par l’école si elles ne sont pas relayées dans les familles, cela ne servira à rien. He bien moi, ces remarques ne me satisfont pas. L’école a vraiment un rôle à jouer dans l’acquisition de compétences autres que disciplinaires.

I have a dream. Dans chaque école, dès la petite section, on développerait des compétences relationnelles et émotionnelles de nos élèves et cela chaque année. Et qu’en prime, les adultes de l’école seraient très investis dans ce projet et seraient très vigilants dans leur attitude et comportement. Ce seraient tous des adultes bienveillants.

Je suis convaincue que si les enseignants se relevaient les manches, ils pourraient permettre à leurs élèves d’être des futurs adultes heureux. Rien que ça! Allez-vous m’objecter. Et moi, je vous réponds « oui ». Bien évidemment que beaucoup de familles jouent ce rôle-là avec leurs enfants. Mais d’autres ont des vies de famille pas toujours simples ou éloignées de l’essentiel.

Alors bien évidemment mon doux rêve ne pourra se faire sans les familles. Il y a une réelle nécessité à faire rentrer les parents dans nos écoles. Nous sommes des partenaires et non des adversaires. C’est terminé l’école de Jules Ferry qui s’attribuait une mission éducative qu’elle estimait non être remplie par les familles. L’école de cette époque avait le désir d’éloigner les enfants des croyances familiales.

Ce temps-là est révolu ainsi que ces missions.
Rencontrer les parents, c’est se donner les moyens de mieux comprendre ce qui peut freiner l’engagement ou contrarier l’apprentissage. L’élève est sensible à la convergence des intentions à son égard, y compris si les façons de le manifester sont diverses.
(…)
Plutôt que de porter des jugements hâtifs sur leurs comportements. Il me semble judicieux de s’efforcer de comprendre leur logique. Il revient aux enseignants de faire le premier pas.
(…)
Prendre le temps d’écouter le point de vue des parents est le meilleur moyen pour qu’ils acceptent en retour d’entendre le nôtre.
Jacques Bernardin
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Teaser: un hold-up

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Et voilà, les vacances sont là. Une nouvelle année scolaire vient de prendre fin, ma treizième waoouh!

Celle-ci ne fut pas piquée des vers, haute en couleur. La dernière période de douze semaines fut loooongue, très looongue! De plus, la canicule ne nous a pas épargnés, nous avons eu des 34° dans nos classes.

Et puis nous avons vécu un vrai hold-up. Comme ce sont les vacances, je ne vous déverserai pas tout mon ressentiment, toute mon aigreur concernant cet hold-up. Je vous en reparlerai en fin de vacances. Je vous raconterai la dernière arnaque, celle qui a permis en un claquement de doigts de revenir sur les rythmes scolaires. Le hold-up qui fait qu’en deux jours, sans réflexion aucune, il a été décidé de repasser de 4 jours et demi à 4 jours. A vomir!

Ce jour-là, j’ai su que j’avais perdu mes illusions dans  l’Education Nationale!

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Un carquois et des flèches

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Quand cette année, nous avons été confrontées au harcèlement scolaire et au climat d’école qui se détériorait…nous avons tourné et retourné la situation pour comprendre.

Les enfants avaient souvent des rapports aux autres qui relevaient du rapport de force, du rabaissement, des moqueries…Nous étions devenues le bureau des pleurs « Il m’a dit ça », « Il m’a fait ceci. » . Et toujours par bienveillance, nous nous escrimions à essayer de régler ces diverses situations. Nous avons opté pour la solution de l’adulte, c’est à l’adulte de régler cela.

Et là, j’ai écouté un podcast d’Emmanuelle Piquet « Souffrances dans la cour: mieux armer les enfants contre le harcèlement. » et là, ce fut THE révélation. Emmanuelle Piquet,  psychopraticienne en thérapie brève, fondatrice des centres chagrin scolaire, prend un tout autre angle. Pour elle, il faut que nous n’intervenions pas dans les relations entre les enfants (à part grosse problématique). Nous devons apprendre à nos enfants à tous âges (elle raconte une anecdote à la crèche) à avoir un carquois dans leur donner et apprendre à tirer des flèches (avec les mots, avec l’humour). Elle part du principe que le harcelé, s’il ne règle pas lui-même son problème, sera toujours dans cette position.

Elle est très intéressante à écouter, elle a beaucoup d’humour. Et elle s’appuie sur les cas qu’elle a été amenée à traiter.

Depuis que j’ai écouté Emmanuelle Piquet, j’essaye d’agir différemment. Quand un enfant vient se plaindre d’un autre, nous réfléchissons ce qu’il pourrait faire lui (tirer sa flèche). L’idée c’est que l’enfant se rende compte qu’en faisant bouger les lignes, cela a de fortes possibilités de marcher.

Et le deuxième effet kiss cool, l’enfant aura rempli son réservoir d’estime de soi. Il sera content de lui d’avoir agi par lui-même.

Il n’est pas facile aux adultes (parents ou enseignants) de garder une certain distance. En voulant bien faire, nous envenimons les choses car du coup, les « embêteurs » le feront avec plus de sournoiserie.

Je vous conseille la lecture de cet article: « Cette femme apprend aux enfants à riposter. »

Et voici deux des ouvrages d’Emmanuelle Piquet que je n’ai pas encore lus.

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Plus d’illusions, est-ce grave?

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Au début de ma carrière, je ne comprenais pas ces instits blasés que je rencontrais dans les réunions. Je m’offusquais de ces enseignants qui ne prenaient plus acte des changements de programme.

J’étais jeune dans le métier et j’étais remplie d’illusions. Le hasard de la vie m’a amené à devenir enseignante à 31 ans. Ce métier je l’ai vraiment eu dans la peau, il m’a consumé, il m’en a fait perdre le sommeil. Il est passé si souvent en priorité dans ma vie.

Travailler pour des enfants, auprès des enfants c’est passionnant. Être enseignant c’est un beau métier. On éveille des enfants, on les ouvre au monde. Avec les grands, on leur développe l’esprit critique. Certes, n’oublions pas que nous leur transmettons des savoirs.

Quand je suis devenue enseignante, j’étais si fière de faire partie de cette grande aventure « l’Education Nationale ». J’étais fière d’enseigner dans l’école publique…quelle chance nous avons d’être dans un pays qui offre à nos enfants l’instruction gratuite et pour tous: étrangers, handicapés, sans discrimination aucune. Waoouh! quelle chance nous avons! mais nous l’avons oublié. La morosité ambiante nous fait oublier toutes les belles choses de notre pays.

Les premières années j’étais contrariée par toutes ces remarques contre l’école, contre le enseignants. J’étais peinée vraiment. Et puis, un jour, je suis devenue hermétique à tout cela, les remarques ont glissé…ou peut-être était-ce le début de l’érosion…de la perte de mes illusions.

Puis il y eut le règne de Nicolas Sarkozy, nous fûmes malmenés. Moi, en tant que directrice, ce ne fut pas toujours simple beaucoup de pressions. Et puis nous dûmes cohabiter avec un programme ahurissant. L’érosion de mes illusions a continué.

Sous Hollande, j’ai eu des sursauts de joie, ce fut les montagnes russes. Les grandes transformations furent entamées mais inachevées. Et plus la transformation s’engageait, plus les attaques, les hostilités s’amplifièrent. Les gens ont manqué de raison, de recul, de sagesse et n’ont plus analysé ces transformations avec le recul nécessaire, ils ont juste réagi…surréagi. L’érosion de mes convictions a pris de l’ampleur.

Et là, nous sommes rentrés dans une nouvelle ère de changements. En tant que citoyenne, je suis assez enthousiaste d’avoir du renouveau dans la classe politique. Je suis fière d’avoir un jeune et brillant président. Je savais très bien que les rythmes scolaires allaient être remis sur le tapis. Mais voilà les rythmes scolaires vont être choisis par les maires. Ce qui se passe à l’école, va être décidé par les maires. A cette annonce si rapide et sans évaluation du dispositif existant, quelle chose en moi a cédé. Je n’ai plus envie de résister…Je ne sais pas encore si c’est irréversible mais je n’y crois plus. J’ai perdu mes illusions. Je crois que je n’aurai plus la foi de continuer ma formation au CAFIPEMF. Je rêve d’un autre métier.

Je crois que je suis résignée aucune transformation est possible. Je ne sais où l’avenir va me mener mais il est possible que cela soit ailleurs. Wait and See.

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Lire ensemble et partager

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J’aime beaucoup lire. J’ai eu des hauts et des bas mais globalement je lis beaucoup. J’aime être emportée par une lecture, découvrir de nouvelles cultures…Plus je vieillis, plus j’ouvre mon éventail de mes possibles.

Avant d’être maitresse, j’ai travaillé pendant plus de cinq ans dans des bibliothèques d’école sur un groupe scolaire dans une zone dite sensible . Spécialement, j’avais en charge la bibliothèque maternelle. Ces années font partie de mes très bons souvenirs, je me suis régalée. C’est à cette période que je suis passionnée pour la littérature enfantine et pendant ces 5 années, mon fil rouge fut de transmettre le plaisir de lire aux élèves.

C’est aussi durant cette période que j’ai compris que le préalable à l’apprentissage de la lecture, c’est que l’enfant éprouve du plaisir avec l’objet livre. Les enfants qui n’ont pas de but personnel pour lire, auront très souvent un apprentissage de la lecture plus laborieux. Un enfant qui apprend à lire pour passer en CE1 ou parce qu’on lui demande, pédalera plus dans la choucroute. Par contre, un enfant qui a un projet personnel, qui aime les livres aura la motivation nécessaire pour apprendre les rudiments de la lecture.

Alors oui, tout cela est possible par la transmission d’un adulte et à fortiori les parents. Mais pas que…les enseignants ont leur part à jouer dans cette transmission du plaisir de lire.

Un parent qui ne lit pas, donc qui n’aime pas lire, aura plus de mal à transmettre le plaisir de lire « Si c’est si bien de lire, pourquoi tu ne lis pas? »

Par chez nous, nous lisons des livres à GirlyMowgli depuis….des années. Nous avons commencé vers ses 10 mois. Depuis tous les soirs, c’est un de nous qui lit un livre. Elle devait avoir un an quand nous avons commencé à fréquenter régulièrement la médiathèque.

Maintenant nos lectures ont pris une autre tournure car elle commence à bien lire. Elle a des goûts qui ont évolué. Certains de ces goûts sont encore compliqués pour qu’elle puisse lire en autonomie.

A la médiathèque, je prends aussi des petits romans que nous lisons à deux voix. Son maitre nous a mis un mot dans le cahier de liaison pour  inciter les parents à faire lire autre chose que le livre de lecture de la classe…Alors si le maitre le dit…parole d’évangile 😉

GirlyMowgli découvre les joies de la lecture et elle partage cela avec nous. Je lui propose souvent de partager des lectures. Je m’adapte à son humeur du jour, le but c’est d’être que dans le plaisir. Quand elle en a marre, on arrête. Pour l’instant, ça fonctionne…pourvu que cela dure.

En cliquant sur ce lien, vous découvrir les bonnes raisons de lire des histoires à nos enfants: http://apprendreaeduquer.fr/10-raisons-lire-histoires-aux-enfants/

 

Partagez le plaisir de lire avec votre enfant.
Ne jugez pas ses lectures, il n’y a pas de bonnes lectures et de mauvaises lectures.

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Les femmes dans le programme

Je continue à ma manière de lutter contre les clichés fille-garçon dans ma classe, voire dans mon école. Il me semble très important de sortir de certaines représentations qui ne permettent pas l’égalité. Mais n’étant pas formée, c’est ma conviction qui me fait m’y intéresser.

Heureusement, je constate que depuis quelques années, le ministère a entamé une démarche dans ce sens.

Cette année, je m’approprie les nouveaux programmes. Chose qui ne peut pas se faire en une année. De plus, ce sont des programmes intéressants mais à la première lecture, ils furent déconcertants. Ils sont rédigés d’une manière différente…allez j’ose….de manière innovante. Cette année, au fil du temps, nous avons pu avoir en notre possession les documents d’application, d’aide à la mis en place de ce programme. (le site Eduscol est très complet)

Pour être honnête, j’ai un partie pris car j’aime ces programmes. J’ai souffert pendant des années avec  les anciens programmes, je me sentais à l’étroit et pas en adéquation avec mes convictions pédagogiques.

Comme d’habitude, toute nouveauté crée un tollé, un tsunami d’indignation. Et encore une fois, on ne montre pas que de très nombreux enseignants sont très satisfaits par ces programmes. Certes, il a fallu trouver l’angle de lecture au début.

Exemple de tollé: le prédicat
Quand est arrivé ce terme dans nos programmes, les détracteurs de Mme Najat Vallaud-belkacem s’en sont donnés à coeur joie.
Les gens « contre » ont sorti le fameux argument du nivellement par le bas « pff, horreur malheur, ils enlèvent le COD, COI pour le remplacer par le prédicat. »  Franchement, pour être professionnelle et non pas commentatrice à l’affût de dénigrer sans cesse sans savoir; sans aucun regret j’ai laissé le COD/COI de côté. Il n’a pas totalement disparu de ma classe car certains enfants connaissaient déjà ces termes. Mais voilà, quand tu passes un temps fou à faire passer la notion et que tu as une petite voix qui te dit « Maitresse, moi mon frère en cinquième il travaille sur le COD/COI comme nous » et bien moi cela m’emmerde. Je préfère installer des bases qui seront affinées au collège. Ah! oui du coup, que je vous dise, une des nombreuses raisons pour laquelle j’aime ces programmes, c’est qu’enfin on tend vers plus de cohérence entre l’école et le collège.
Pour en finir avec le prédicat, cela fait des années que les enseignants canadiens l’utilisent….et roulement de tambour…le niveau n’a pas baissé.

Peu à peu dans l’année, je m’approprie les programmes. je me suis plongée dans celui de l’histoire car il est différent. Quelle fut ma joie quand j’ai vu écrit:

Les moments historiques retenus ont pour objectif de mettre en place des repères historiques communs, élaborés progressivement et enrichis tout au long des cycles 3 et 4, qui permettent de comprendre que le monde d’aujourd’hui et la société contemporaine sont les héritiers de longs processus, de ruptures, de choix effectués par les femmes et les hommes du passé.

(…)

Comme l’objectif du cycle 3 est de construire quelques premiers grands repères de l’histoire de France, l’étude de la monarchie capétienne se centre sur le pouvoir royal, ses permanences et sur la construction territoriale du royaume de France, y compris via des jeux d’alliance, dont la mention permet de présenter aux élèves quelques figures féminines importantes : Aliénor d’Aquitaine, Anne de Bretagne, Catherine de Médicis.

Nouveaux programmes

L’an dernier, j’avais commencé à créer des fiches concernant les femmes dans l’histoire: ma première était sur « les femmes sous la Révolution française » que vous trouverez dans l’onglet « Vivent les femmes ».

Cette année, j’ai travaillé sur différents rois , j’ai élaboré une fiche sur Blanche de Castille que vous trouverez en cliquant sur l’image.

Blanche

Publié dans école, éducation, Femme d'exception, Lecture, Réflexion

Mes lectures 2017 #1

designEn ce début d’année, j’avais envie de lire un livre sur une femme d’exception. A la médiathèque, je suis tombée sur le livre de Malala. Bingo.

Je suis toujours aussi impressionnée, stupéfaite de voir que de nos jours des filles, des femmes sont traitées d’une manière aussi ignoble.

Malala est une personne extraordinaire, courageuse. Elle a , en elle, ce combat pour l’éducation pour les filles depuis qu’elle est enfant. ll faut dire que son père est un farouche défenseur de l’éducation pour les filles. Comme souvent, je trouve, que ces femmes d’exception ont eu un père qui fut la clef de voute de leur combat, de leur courage. Son père a une admiration sans faille de sa fille, il la soutient , il l’accompagne dans son combat.

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Tout le monde devrait lire ce livre pour mieux comprendre ce qu’est la vie dans un pays dirigé par  les talibans. Quand on lit, ce genre de livre on comprend pourquoi les gens ont envie de fuir leur pays. Quel courage elle a eu!

Quand on voit que dans notre pays, on consomme l’école sans se rendre compte que c’est une chance d’avoir l’école gratuite pour tous. Beaucoup de français râlent contre l’école mais bon il ne faut pas pousser mémé dans les orties. L’école gratuite et accessible à tous est une porte ouverte vers tant de possibles.

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  • Consommons moins l’école et soyons conscients que des personnes dans le monde se battent pour avoir notre système éducatif.
  • Regardons les migrants avec plus d’empathie car la plupart a une histoire dramatique.

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