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Mes lectures 2017 #21 & 22

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Depuis l’an dernier, je découvre la mythologie grecque en même temps que mes élèves.  L’an dernier, nous avons lu à nos élèves « Le feuilleton d’Hermès » (voir ICI). Et cette année, nous lisons « Le feuilleton de Thésée » (voir ICI). Dans ce feuilleton, j’ai découvert le mythe d’Oedipe ainsi que celui de sa fille Antigone. Ces deux personnages m’ont littéralement fascinée. J’avais quelques connaissances sur Oedipe mais après avoir lu son histoire avec mes élèves, j’ai eu follement envie d’en savoir plus.

Antigone, fille incestueuse d’Oedipe et de sa mère Jocaste, est un personnage incroyable. Elle est courageuse, fidèle à son père mais surtout fidèle à ses convictions. Quand Oedipe s’exile après s’être crevé les yeux, Antigone l’accompagne dans son périple. Elle laisse tout derrière elle: famille, confort…

Avec Bauchau, on retrouve Antigone quand elle revient de son périple car son père est mort. Ce roman nous montre Antigone qui tente avec toute son âme de réconcilier ses deux frères. Ces derniers ne pensent qu’au pouvoir, qu’à dominer l’autre.

« C’est beau, Antigone. C’est elle et ce sont eux. C’est la beauté de notre mère, non pas comme elle était mais dans leurs regards. Etéocle qui sait qu’il est fasciné, presque aveuglé, et Polynice qui l’est aussi mais qui, enfermé dans sa gloire, l’ignore.
C’est aussi tellement toi, Antigone, cette confiance intarissable dans l’action de la vérité, dont on ne sait si elle est magnifique ou seulement idiote. Crois-tu qu’on peut sans délirer, espérer comme tu fais ? Est-ce que tu penses que les jumeaux te comprendront et que même s’ils te comprennent, cela les fera sortir de leur passions ? »

Elle tentera de faire le lien afin d’éviter le drame mais  en vain. On suit Antigone dans cette quête de la réconciliation impossible: elle les aime tant.

Lumineuse, intrépide, féminine, l’Antigone d’Henry Bauchau s’inscrit avec force dans l’histoire de la réécriture du mythe.
Il fallait sans doute un roman pour incarner les passions de la jeune mendiante qui, après après avoir suivi son père, le roi aveugle Œdipe, des années durant, prend contre toute prudence le chemin de Thèbes avec l’espoir d’empêcher la guerre entre les fils de Jocaste, ses deux frères tant aimés. Commence alors pour elle une suite d’épreuves, de doutes, de joies et de déchirements.

Source Babelio

J’ai d’abord lu la version d’Anouilh. Je sais que je l’ai lu au lycée mais sans conviction à l’époque. C’est avec curiosité, que j’ai redécouvert cet ouvrage.  Très vite, je me suis habituée au type de texte du théâtre. Je l’ai même oublié. A travers son écriture, Jean Anouilh nous dépeint une Antigone sans concession. Elle s’oppose jusqu’à la mort, au roi Créon. Lui, ne veut pas céder et elle veut que son frère Polynice soit enterré afin que son âme trouve le repos. Les dialogues sont magnifiques.

Après Sophocle, Jean Anouilh reprend le mythe d’Antigone. Fille d’Oedipe et de Jocaste, la jeune Antigone est en révolte contre la loi humaine qui interdit d’enterrer le corps de son frère Polynice. Présentée sous l’Occupation, en 1944, l’Antigone d’Anouilh met en scène l’absolu d’un personnage en révolte face au pouvoir, à l’injustice et à la médiocrité.

Je trouve qu’Antigone est un personnage, qui au bout de tous ces siècles, reste profondément contemporaine. Elle est fascinante par sa détermination et sa droiture. C’est une femme d’exception.

Il me reste plus qu’à lire la version d’origine de Sophocle.

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Mes lectures 2017 #20

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J’ai beaucoup aimé ce livre. J’ai aimé ces personnages, l’histoire. Lui, Frederik le narrateur vit en ermite sur une ile de la Baltique et il comptait finir ses jours comme ça, seul.

Mais voilà un jour, il voit apparaitre sur le lac gelé, son premier amour en déambulateur qui vient le voir, lui. Harriet est un personnage brut, déterminé et en fin de vie. Elle l’a retrouvée quarante ans après pour boucler sa vie, pour avoir des réponses et pour bien d’autres choses.

Harriet lui demande de tenir sa promesse qui lui avait faite 40 ans avant: l’emmener voir un lac. Ce duo improbable part. Je me suis attachée à ce duo, si abimé mais sans compromis surtout elle. Harriet et l’aventure qu’elle va lui faire vivre vont remettre Frederick en vie. Il va retisser des liens avec lui mais aussi avec les autres.

Je suis resté longtemps sur le pont. Brusquement, c’était comme si je n’étais plus seul sous les arches métalliques. Nous étions plusieurs, et j’ai compris que c’était moi que je voyais. A tous les âges, depuis l’enfant qui courait sur l’île de mes grands-parents jusqu’à l’homme qui tant d’années plus tard avait abandonné Harriet, et enfin celui que j »étais à présent. Un court instant j’ai osé me voir, tel que j’avais été et tel que j’étais devenu.

C’est un parcours initiatique à rebours. Fredrik redétricote sa vie, il répare ses erreurs. C’est un livre rempli d’humanité. On y croise des personnages truculents, on traverse des grands paysages glacés. A lire.

A soixante-six ans, Fredrik Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l’archipel. Depuis qu’une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s’est isolé des hommes. Pour se prouver qu’il est encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s’y immerge chaque matin. Au solstice d’hiver, cette routine est interrompue par l’intrusion d’Harriet, la femme qu’il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt. Fredrik ne le sait pas encore, mais sa vie vient juste de recommencer.

Le temps de deux solstices d’hiver et d’un superbe solstice d’été, dans un espace compris entre une maison, une île, une forêt, une caravane, Mankell nous révèle une facette peu connue de son talent avec ce récit sobre, intime, vibrant, sur les hommes et les femmes, la solitude et la peur, l’amour et la rédemption.

source Babelio

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Mes lectures 2017 #19

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Mon amie Katell, lors de son passage par chez nous, m’a conseillé quelques références de livres et d’auteurs . Ce qui m’a permis de connaitre des livres vers lesquels je ne serais pas allée d’un prime à bord. Elle lit en majorité de la littérature non française, mais tout de même elle m’en a conseillé quelques-uns. Marc Dugain en fut un de ses conseils.

J’ai choisi de lire « l’ insomnie des étoiles » car le titre me plaisait. L’histoire se situe à la fin  de la seconde guerre mondiale dans un village allemand repris par les français. On suit  Maria jeune adolescente abandonnée dans sa ferme et un jeune officier français capitaine Louyre qui va croisait son chemin avec bienveillance. Quand le capitaine rencontre pour la première fois Maria, elle est dans sa ferme telle une sauvageonne et un cadavre brulé se trouve là aussi.

Le capitaine décide de comprendre ce qui s’est passé. Par le biais de cette histoire, Marc Dugain nous décrit une autre face du nazisme: la volonté d’exterminer les handicapés mentaux de la société allemande, l’eugénisme.
Maria, malgré l’horreur, est une adolescente très déterminée et qui ne cède rien à la vie, qui s’acharne à vivre.

J’ai beaucoup aimé ce livre car Marc Dugain nous prend par la main, pour peu à peu nous montrer l’horreur. Je ne m’attendais pas à cela.

 

Automne 1945, alors que les Alliés se sont entendus pour occuper Berlin et le reste de l’Allemagne, une compagnie de militaires français emmenée par le capitaine Louyre investit le sud du pays. En approchant de la ville où ils doivent prendre leurs quartiers, une ferme isolée attire leur attention. Les soldats y font une double découverte : une adolescente hirsute qui vit là seule, comme une sauvage, et le corps calciné d’un homme. Incapable de fournir une explication sur les raisons de son abandon et la présence de ce cadavre, la jeune fille est mise aux arrêts. Contre l’avis de sa hiérarchie, le capitaine Louyre va s’acharner à connaître la vérité sur cette affaire, mineure au regard des désastres de la guerre, car il pressent qu’elle lui révélera un secret autrement plus capital.

Source: Babélio

 

Quel autre livre de Marc Dugain vous me conseillerez?

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Mes lectures 2017 #18

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C’est parti pour que cet auteur islandais de polar devienne un de mes chouchous.  Sans préambule, je l’ai beaucoup aimé.

Mais qui a bien pu tuer cet employé d’hôtel solitaire qui vivait dans la cave de l’hôtel, ancien enfant-star? Au départ, l’enquête piétine car on ne connait rien de cet employé. Chose originale dans ce roman, c’est qu’on reste quasiment que dans l’hôtel, il faut dire que notre cher inspecteur n’a pas envie de le quitter cet hôtel. Il y a même élu domicile. Ce n’est pas une histoire bien trash, c’est une histoire triste et en plus il ne fait que neiger. L’auteur ne nous le dit pas mais je me suis imaginée que la plupart de l’histoire se passait dans l’obscurité des jours hivernaux très courts de l’Islande.
Malgré que l’histoire du mort soit triste, que notre inspecteur ne soit pas joyeux non plus, j’ai trouvé l’histoire belle. Cela me change des Thilliez où franchement je n’imagine pas dire que ses histoires soient belles 😉

Et toujours en filigramme, l’histoire, l’enfance de notre inspecteur.

Mauvaise publicité pour l’hôtel de luxe envahi par les touristes!
Le pantalon sur les chevilles, le Père Noël est retrouvé assassiné dans un sordide cagibi juste avant le traditionnel goûter d’enfants.
La direction impose la discrétion, mais le commissaire Erlendur ne l’entend pas de cette oreille.
Déprimé, assailli par des souvenirs d’enfance douloureux, il s’installe dans l’hôtel et en fouille obstinément les moindres recoins …

source : Babelio

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Mes lectures 2017 #17

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Certes, c’est un auteur islandais. Mais rien sur l’Islande car le personnage principal Arnljotur quitte l’Islande dès le début de l’histoire. J’ai été déçue mais j’ai continué à le lire. C’est une histoire douce.  Arnljotur aime la Terre, les roses. Ces dernières l’emmèneront dans un monastère dans un pays lointain. Il doit s’occuper du jardin des moines, le remettre en ordre. Avec lui, en quittant son pays natal l’Islande, il emporte  une part de sa mère aimée décédée: des boutures de roses Candida.

En partant de l’Islande, Arnljotur laisse sa famille et une fille de 8 mois qu’il a eue lors d’une relation d’un soir.

Et là-bas dans son monastère, il ne se doute pas qu’il va retrouver sa fille et la maman de cette dernière. A partir de ce moment-là, va se tisser sa paternité.

Ce n’est pas une lecture qui a éveillé en moi un grand enthousiasme mais je l’ai lue jusqu’au bout.

Le jeune Arnljótur va quitter la maison, son frère jumeau autiste, son vieux père octogénaire, et les paysages crépusculaires de laves couvertes de lichens.
Sa mère a eu un accident de voiture. Mourante dans le tas de ferraille, elle a trouvé la force de téléphoner aux siens et de donner quelques tranquilles recommandations à son fils qui aura écouté sans s’en rendre compte les dernières paroles d’une mère adorée.
Un lien les unissait: le jardin et la serre où elle cultivait une variété rare de Rosa candida à huit pétales. C’est là qu’Arnljótur aura aimé Anna, une amie d’un ami, un petit bout de nuit, et l’aura mise innocemment enceinte.
En route pour une ancienne roseraie du continent, avec dans ses bagages deux ou trois boutures de Rosa candida, Arnljótur part sans le savoir à la rencontre d’Anna et de sa petite fille, là-bas, dans un autre éden, oublié du monde et gardé par un moine cinéphile.

Source: Babélio

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Mes lectures 2017 #16

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Ce livre-là, je ne l’aurais jamais connu sans mon amie Katell, ex-libraire et grande passionnée des livres. En vacances par chez nous, elle n’a pas pu s’empêcher d’aller visiter nos librairies et là, elle m’a offert ce livre pour me partager une de ses meilleurs lectures.

Cela m’a permis d’aller faire un tour du côté de la littérature hongroise. Magda Szabo  s’est inspirée de sa relation avec sa femme de ménage Emérence. Cette dernière est une personne qui est hors norme pour elle il y a deux sortes d’individus « ceux qui balaient et ceux qui font balayer les autres », en résumé ceux qui sont utiles et les autres. Un sacré tempérament cette Emérence: réservée et très imprévisible. Dans cette histoire, nous est contée la relation bien particulière de la narratrice avec sa femme de ménage ainsi que la vie du quartier où gravitent ces deux femmes: une intellectuelle, la narratrice et une domestique. Sans aucun doute, l’auteure a été marquée, inspirée par cette femme qu’elle a côtoyé et qu’elle a aimé.

Toute relation sentimentale est une possibilité d’agression, plus je laisse de gens m’approcher, plus il y a de voies par lesquelles le danger peut m’atteindre.

Cette histoire nous permet aussi de connaitre l’histoire et les modes de vie de la Hongrie.

Un très beau livre sur les relations humaines.

Magda Szabo s’est inspirée de son ancienne employée de maison pour nous livrer un portrait d’une femme de ménage au coeur noble. C’est avec amour et tendresse que l’auteur nous parle d’Emerence, domestique pas comme les autres, souveraine commandeuse de la famille que les Szabo ont pris l’habitude de ne pas contredire.

Source Babelio

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Mes lectures 2017 #15

designLes vacances me permettent de lire des pavés. Quand je travaille je n’aime pas lire des pavés, allez savoir pourquoi. Une névrose? Ces vacances m’ont permis du coup de finir Angor de Thilliez.

J’ai retrouvé avec plaisir le couple d’enquêteurs Lucie et Franck , un couple assez particulier qui navigue entre le bonheur de leur vie de famille et leurs noirceurs. Ils prennent de sacrer risques, ils sont toujours borderlines. Dans ce livre, on retrouve la patte de Franck Thilliez, il y a toujours un fond scientifique très documenté. Dans cette histoire, le fil rouge c’est le trafic d’organes. Plusieurs histoires s’imbriquent mais à la fin tout prend sens. Évidemment, comme à son habitude, nous sommes face à la noirceur de l’être humain, ce que j’aime le plus chez Franck Thilliez, on y croise des êtres abjects à souhait. Pour moi, incontestablement, c’est le meilleur auteur français de Thriller.

 

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D’où vient ce cauchemar qui la hante depuis sa greffe du cœur ? Camille, gendarme à Villeneuve-d’Ascq, voit chaque nuit une femme enfermée l’appeler au secours. Un rêve aussi réel qu’un souvenir. Elle n’a dès lors plus qu’une obsession : retrouver l’identité de son donneur.
A une centaine de kilomètres de là, Sharko et Henebelle n’ont guère le temps de pouponner leurs jumeaux : une femme, victime d’une longue séquestration, les yeux presque blancs, dépourvus d’iris, a été découverte… sous un arbre.
Et leur enquête prend un tour plus curieux encore lorsque Franck comprend qu’à chaque nouvelle piste, il est devancé par une jeune femme, gendarme dans le Nord…

source Babelio