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Au début, ce fut la colère, l’aigreur et l’abattement qui m’ont envahie. En juin, quand est arrivé cet hold-up sur les rythmes scolaires, j’ai bien failli jeter l’éponge et tirer un trait sur mon métier.

En fin juin, en quelques jours, dans la rapidité et un claquement de doigts, nous voilà revenu en arrière, nous voilà à la semaine de 4 jours.

Avec ma collègue, nous avons vécu cela comme un uppercut. Nous avons été sonnées surtout par la méthode.
Un nouveau président arrive, il se déclare être un président différent avec des méthodes différentes. Et dans la foulée, on balaye une réforme sans évaluer de la pertinence…comme avant. A ce moment-là, ce fut plus qu’une évidence: le système ne peut pas évoluer, il est sclérosé. Cela a encore démontré que les enjeux sont ailleurs et ne sont pas forcément pour le bien-être des enfants.

Il faut être clair:

  • Les mairies se sont saisies de cette possibilité offerte par l’exécutif. On va leur couper les vivres, la réforme des 4 jours et demi coûtant cher, zou du balai.
  • Les parents d’élèves, par rapport à leur besoin perso et leur envie de fournir des activités sportives, culturelles à leur progéniture, ont été trop contents de revenir en arrière.
  • Les enseignants, sur ce coup-là, n’ont jamais été aussi en accord avec les mairies et ils ont pu récupérer leur cher mercredi entièrement.

Et les apprentissages dans tout ça? qu’un détail…Et les enfants en difficultés d’apprentissage à qui on enlève une matinée d’apprentissage? un second détail…

Ensuite l’été est arrivé, je me suis recentrée, j’ai mis à distance mon abattement. J’ai tourné mille fois dans ma tête cette envie folle de quitter l’Education Nationale. Mais je revenais toujours au même endroit, j’aime enseigner, j’aime ce métier dans son essence, j’aime transmettre.

J’ai pris la décision de ne pas continuer ma formation CAFIPEMF car je ne crois plus en ce système et j’ai décidé de me recentrer uniquement sur ma classe, sur mon école et ne plus m’occuper des décisions ministérielles. Je reste uniquement en lien avec lui pour le programme, …Et puis, bon, je suis aussi directrice d’école donc j’ai trouvé un compromis avec moi-même et ce système sclérosé.

Avec ma collègue, nous avons beaucoup discuté. Nous avons opté pour faire de notre école, une école « alternative » au sein de l’Éducation Nationale. Nous avons le désir et une grande volonté  de dépoussiérer encore plus notre manière d’enseigner. Nous allons encore plus nous focaliser sur nos élèves et on va INNOVER. On va sortir de notre zone de confort. Une nouvelle aventure peut commencer sans rien attendre des autres.

je vous conseille de lire: un article sur le documentaire « une idée folle ».

 

NB: les  photos sont celles  de  notre superbe voyage en Islande de cet été.

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Teaser: un hold-up

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Et voilà, les vacances sont là. Une nouvelle année scolaire vient de prendre fin, ma treizième waoouh!

Celle-ci ne fut pas piquée des vers, haute en couleur. La dernière période de douze semaines fut loooongue, très looongue! De plus, la canicule ne nous a pas épargnés, nous avons eu des 34° dans nos classes.

Et puis nous avons vécu un vrai hold-up. Comme ce sont les vacances, je ne vous déverserai pas tout mon ressentiment, toute mon aigreur concernant cet hold-up. Je vous en reparlerai en fin de vacances. Je vous raconterai la dernière arnaque, celle qui a permis en un claquement de doigts de revenir sur les rythmes scolaires. Le hold-up qui fait qu’en deux jours, sans réflexion aucune, il a été décidé de repasser de 4 jours et demi à 4 jours. A vomir!

Ce jour-là, j’ai su que j’avais perdu mes illusions dans  l’Education Nationale!

Publié dans école, éducation, Réflexion

Plus d’illusions, est-ce grave?

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Au début de ma carrière, je ne comprenais pas ces instits blasés que je rencontrais dans les réunions. Je m’offusquais de ces enseignants qui ne prenaient plus acte des changements de programme.

J’étais jeune dans le métier et j’étais remplie d’illusions. Le hasard de la vie m’a amené à devenir enseignante à 31 ans. Ce métier je l’ai vraiment eu dans la peau, il m’a consumé, il m’en a fait perdre le sommeil. Il est passé si souvent en priorité dans ma vie.

Travailler pour des enfants, auprès des enfants c’est passionnant. Être enseignant c’est un beau métier. On éveille des enfants, on les ouvre au monde. Avec les grands, on leur développe l’esprit critique. Certes, n’oublions pas que nous leur transmettons des savoirs.

Quand je suis devenue enseignante, j’étais si fière de faire partie de cette grande aventure « l’Education Nationale ». J’étais fière d’enseigner dans l’école publique…quelle chance nous avons d’être dans un pays qui offre à nos enfants l’instruction gratuite et pour tous: étrangers, handicapés, sans discrimination aucune. Waoouh! quelle chance nous avons! mais nous l’avons oublié. La morosité ambiante nous fait oublier toutes les belles choses de notre pays.

Les premières années j’étais contrariée par toutes ces remarques contre l’école, contre le enseignants. J’étais peinée vraiment. Et puis, un jour, je suis devenue hermétique à tout cela, les remarques ont glissé…ou peut-être était-ce le début de l’érosion…de la perte de mes illusions.

Puis il y eut le règne de Nicolas Sarkozy, nous fûmes malmenés. Moi, en tant que directrice, ce ne fut pas toujours simple beaucoup de pressions. Et puis nous dûmes cohabiter avec un programme ahurissant. L’érosion de mes illusions a continué.

Sous Hollande, j’ai eu des sursauts de joie, ce fut les montagnes russes. Les grandes transformations furent entamées mais inachevées. Et plus la transformation s’engageait, plus les attaques, les hostilités s’amplifièrent. Les gens ont manqué de raison, de recul, de sagesse et n’ont plus analysé ces transformations avec le recul nécessaire, ils ont juste réagi…surréagi. L’érosion de mes convictions a pris de l’ampleur.

Et là, nous sommes rentrés dans une nouvelle ère de changements. En tant que citoyenne, je suis assez enthousiaste d’avoir du renouveau dans la classe politique. Je suis fière d’avoir un jeune et brillant président. Je savais très bien que les rythmes scolaires allaient être remis sur le tapis. Mais voilà les rythmes scolaires vont être choisis par les maires. Ce qui se passe à l’école, va être décidé par les maires. A cette annonce si rapide et sans évaluation du dispositif existant, quelle chose en moi a cédé. Je n’ai plus envie de résister…Je ne sais pas encore si c’est irréversible mais je n’y crois plus. J’ai perdu mes illusions. Je crois que je n’aurai plus la foi de continuer ma formation au CAFIPEMF. Je rêve d’un autre métier.

Je crois que je suis résignée aucune transformation est possible. Je ne sais où l’avenir va me mener mais il est possible que cela soit ailleurs. Wait and See.

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Eloge au sommeil

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Les mois passent et je continue de dormir.
Les mois passent et je goûte aux nuits de 7 heures d’affilé.
Quelquefois, je vois apparaitre le beau du nez d’une insomnie mais juste une nuit.

Depuis octobre, depuis que je suis allée voir une praticienne en hypnose (ICI), je découvre une vie sans insomnies. Et ça, cela n’a pas de prix!

Au fil des mois, je me rends compte comme toutes ces années remplies d’insomnies ont modifié peu à peu ma vie.

J’ai toujours compris que les insomnies pourrissaient ma vie, mon énergie, mon mental mais pas autant qu’aujourd’hui où je dors.

Comment ai-je tenu autant de temps? Cela reste un mystère. L’an dernier a été l’année de tous les dangers. L’année de trop, l’année des insomnies en continue avec très peu de pause. Une alarme s’est déclenchée l’été 2016, une alarme qui m’a signifié que si je ne réagissais pas, j’allais y laisser ma peau. Si, si, si….laisser ma peau sans aucun doute. Soit le mental soit la santé.

Ma vie a changé, j’ai changé, je n’ai plus envie de procrastiner. En fait, j’avais l’impression que c’était un choix de procrastiner mais non, j’étais tout simplement crevée. Je n’avais pas envie de faire grand chose pendant mes weekend.

Et puis il y a eu ces choix de vie, cette prise en main: régler mes insomnies, méditer, rituels du matin. Et tout cela réuni m’a reboosté, m’a redonné de l’énergie. Dans ce weekend, je peux faire plein de choses pour la maison, le potager ou autre. Je me sens bien, pas tendue. J’ai une heure tous les matins pour moi. Je fais du sport, je vais marcher tous les mardis avec ma collègue de travail, je passe plus de temps de qualité avec ma fille…

Je suis ravie d’avoir fait le choix de reprendre ma vie en main et de m’y tenir. Si au début, cela demande de la discipline, après cela devient de nouvelles habitudes de vie.

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Mes lectures 2017 #1

designEn ce début d’année, j’avais envie de lire un livre sur une femme d’exception. A la médiathèque, je suis tombée sur le livre de Malala. Bingo.

Je suis toujours aussi impressionnée, stupéfaite de voir que de nos jours des filles, des femmes sont traitées d’une manière aussi ignoble.

Malala est une personne extraordinaire, courageuse. Elle a , en elle, ce combat pour l’éducation pour les filles depuis qu’elle est enfant. ll faut dire que son père est un farouche défenseur de l’éducation pour les filles. Comme souvent, je trouve, que ces femmes d’exception ont eu un père qui fut la clef de voute de leur combat, de leur courage. Son père a une admiration sans faille de sa fille, il la soutient , il l’accompagne dans son combat.

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Tout le monde devrait lire ce livre pour mieux comprendre ce qu’est la vie dans un pays dirigé par  les talibans. Quand on lit, ce genre de livre on comprend pourquoi les gens ont envie de fuir leur pays. Quel courage elle a eu!

Quand on voit que dans notre pays, on consomme l’école sans se rendre compte que c’est une chance d’avoir l’école gratuite pour tous. Beaucoup de français râlent contre l’école mais bon il ne faut pas pousser mémé dans les orties. L’école gratuite et accessible à tous est une porte ouverte vers tant de possibles.

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  • Consommons moins l’école et soyons conscients que des personnes dans le monde se battent pour avoir notre système éducatif.
  • Regardons les migrants avec plus d’empathie car la plupart a une histoire dramatique.

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Publié dans citation, Pleine Conscience, Réflexion

Le présent, le plus important

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Le weekend dernier, j’ai appris le décès de Guy Corneau. C’est un auteur que j’ai beaucoup lu à une époque. C’était un psychanalyste. J’ai lu « pére manquant, fils manqué », « N’y a-t-il pas d’amour heureux? Comment  les liens -père-fille et mère-fils conditionnent nos amours. », « la guérison du coeur « . A cette époque , vers la fin des années 90 et le début des années 2000, j’étais déjà dans des lectures autour du développement personnel.

« Par dépit nous nous réfugions dans la surconsommation, la suralimentation et le surcroît de travail pour ne pas entendre de l’intérieur que nous ne sommes pas arrivés au bonheur. »

« Il ne tient qu’à nous de cultiver ce dialogue afin que les idées créatrices et l’inspiration puissent irriguer nos vies. « 

 (…) si je devais évaluer ce qui constitue le principal motif de consultation psychologique, je répondrais qu’il s’agit à coup sûr du manque d’estime de soi. Il est effarant de constater à quel point nous pouvons manquer d’amour envers nous-mêmes.

Guy Corneau

 

Quand j’ai appris sa mort, je suis allée voir de quoi il était mort. Car je savais qu’il y a quelques années il avait surmonté un cancer. Et là, j’ai été effarée de la raison de sa mort. Sa soeur est morte au Mexique en fin d’année, il est parti chercher son corps et le ramènaa dans sa ville natale où vit encore sa mère. Et là en deux jours, il fut plié par une maladie auto-immune qui lui a rongé le cœur.

Il faut avoir conscience que cela peut arriver à tout le monde, que demain pour diverses raisons une grave maladie peut nous atteindre voire nous pouvons mourir. C’est pour cela qu’il faut se focaliser sur le présent car de cela nous en sommes sûrs. Et surtout il faut tout faire pour ne pas être rongé par de la colère, des rancœurs liées au passé; ou bien ne pas être stressé par ce qui va advenir.

Soyons conscients que c’est maintenant que nous devons vivre notre vie.

Publié dans être soi, Réflexion, Santé

Autopsie de mes insomnies #1

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Ceci est un post d’anticipation…car pour l’instant, mes insomnies ne sont pas mortes. Mais cette année, je compte leur mettre leur misère. Alors c’est pour cela que je peux commencer leur autopsie…ouais, j’ai le droit..c’est un post d’anticipation.

Elles et moi, cela fait un bail que l’on cohabite…plutôt qu’elles me parasitent, qu’elles s’incrustent ces salopes. Tout a commencé un doux mois d’août…celui  de 2005. J’allais faire ma première rentrée dans mon école rurale. Sans que j’en ai le désir, j’étais parachutée dans cette école et j’allais devoir pendre en main une classe de petits sauvageons et prendre en main l’école car j’avais eu en cadeau (empoissonné) la direction. C’est quelques temps avant la rentrée que mes nuits commencèrent à devenir plus habitées par des pensées galopantes.

Les premières années, mes colocataires  venaient m’envahir que par période, des périodes plus ou moins longues.
Déjà à cette époque, mon boulot me pompait beaucoup d’énergie. Je pouvais passer de heures à préparer…aucune limite j’avais! Passionnant métier mais j’ai toujours eu un rapport passionnel, fusionnel avec lui.

Et puis, un jour, en quelques jours je suis devenue maman…attente éléphantesque pour une « grossesse » express . Et là, mes nuits sont parties en cacahuète, feux d’artifice à tous les étages. Pendant ce temps, ma fille dormait très bien, ses nuits étaient calées. C’était en 2010. Les périodes d’insomnie se sont allongées. Et c’est à ce moment-là, que je me suis enlisée. J’ai focalisé sur elles mais je ne suis pas allée à la source.
En 2011, j’ai commencé à être pris en charge par une acuponctrice. Les insomnies sont quelques fois parties…mais elles sont toujours revenues.

Au fil des années, j’ai continué à tricoter la journée le canevas de mes insomnies.: des journées denses, trop denses avec des pensées boulimiques, des tonnes de « il faut que », des « penser à faire ». Mon cerveau je l’ai intoxiqué, je l’ai étouffé, je l’ai malmené. Comme dirait mon cher époux « j’intellectualise tout ».

Et l’an dernier, j’ai porté l’estocade finale. J’ai continué d’enfiler des casquettes les unes sur les autres: maman, femme, épouse, maitresse (d’école), directrice, maitre d’accueil temporaire, en formation, présidente d’une association. Et là, ce fut le bouquet final pour mes insomnies.  Elles sont restées l’année scolaire.

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