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Sacrifice sur l’autel de la performance?

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Les zatypiques – épisode 2

C’est donc à nous, parents, de nous demander si sacrifier le bonheur de notre enfant sur l’autel de la performance et de la conformité vaut vraiment le peine. Nous restons les meilleurs supporters de nos enfants. si nous arrêtons de croire en eux, il sera difficile pour eux de croire en eux-mêmes. Nous entendons trop d’adultes dirent qu’il faut habituer les enfants à souffrir car l’employeur ne leur fera pas de cadeau. Aïe! Ouch! Cela veut-il dire qu’il faille les casser pour en faire des adultes dociles qui fileront droit et seront conformes aux attentes patronales dans le but d’assurer la sécurité de l’emploi? Ne vaut-il mieux pas aider nos enfants à cultiver et renforcer leur confiance en eux pour en faire des adultes capables d’affronter une réalité du travail difficile? N’est-il pas d’aider nos enfants et encore plus ceux qui sont atypiques à nourrir leur créativité, à aiguiser leur regard, à être en relation, à oser entreprendre et à développer leurs talents pour en faire des adultes audacieux, responsables, libres et heureux?

Je vais rester uniquement du côté de la mère dans ce post.

Je trouve qu’il faut être bien camepé dans ses baskets de parents pour ne pas se laisser emporter par les sirènes de la performance ou celle de la conformité. Mais d’un autre côté, on n’a pas le choix de faire barrage à ces sirènes si nous voulons que nos enfants soient les plus heureux possibles.

Certes, c’est facile pour moi de vous dire cela car ma fille est en CE1 et elle ne rencontre, à ce jour, aucune difficulté scolaire et elle est très scolaire. Peut-être que dans quelques années, il me sera peut-être plus difficile de ne pas résister aux sirènes de la performance…peut-être.

Aujourd’hui, l’école ne garantit plus l’accès un travail…c’est terminé et cela ne le sera jamais plus. C’est comme cela. Notre enfant qu’on aura poussé  pour qu’il fasse des études pourra se trouver au chômage et en plus, malheureux.

Je ne sais pas si ma fille sera heureuse dans une entreprise qui est de plus en plus inhumaine. Peut-être sera-t-elle bien plus heureuse en étant bergère…je rigole…Quoique.

Au jour d’aujourd’hui, je ne sais pas quel métier pourra la rendre heureuse. Mais aujourd’hui, je n’ai absolument pas envie de la pousser plus qu’il en faut dans son travail scolaire.

Alors est-ce qu’elle est bien dans ses baskets d’écolière car nous avons  une exigence moyenne (le papa un peu plus peut-être) et aucune concernant la performance? ou bien a-t-elle un bon niveau uniquement grâce à ses capacités et à son tempérament? Je ne sais pas et je m’en fous.

Quand je vais la chercher à l’école, je lui pose toujours la question sur le temps périscolaire « C’était sympa l’activité que tu as faite? ». Quelquefois, je lui demande de me dire un truc qu’elle a bien aimé dans sa journée. Comme elle est très scolaire (et que sa maman est maitresse), elle raconte sa journée…elle trie bien évidemment. Mais il y a des jours où elle est atteinte d’amnésie, c’est comme ça, on passe à autre chose.

Aux réunions de rentrée (de la classe de GirlyMowgli), je sens bien comme certains parents sont tendus, je plains leur gosse.

Non, nous ne sommes pas des parents « laxistes », « je m’en foutiste », non on peut être des parents chiants (si vous l’entendez souffler !!). Nous avons des exigences, des valeurs sur lesquelles on ne déroge pas:

  • Face à la difficulté, on n’abandonne pas.
  • On travaille avec sérieux (cuisine, bricolage, devoir…), avec rigueur.
  • On assume ses erreurs. et on les répare …

 

Nous ne savons de quoi sera fait l’avenir,

alors ne leur pourrissons pas trop leur enfance.

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Je me lâche par ici

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Je continue à tenir ma ligne de conduite, c’est à dire ne pas critiquer les enseignants de ma fille devant elle, plutôt ne pas porter de jugement sur leur manière d’enseigner.

Je ne vous cache pas que depuis qu’elle est rentrée dans le monde de l’école, je me suis mordue plusieurs fois la langue pour ne rien dire.

Ma fille est très scolaire donc elle s’adapte très bien aux enseignants classiques qui ont une manière vieille d’enseigner. Elle peut rester longtemps assise à un bureau et être une élève modèle…après elle explose à la maison, mais ceci est un autre sujet.

Je râle souvent dans mon fort intérieur car j’aurais aimé qu’elle vive une scolarité avec des enseignants stimulants, enthousiasmants, qui développent la créativité et non le conformiste…Loupé pour l’instant.

Les enseignants pensent souvent que je la fais travailler à la maison. C’est mal me connaitre: scolairement je fais le strict minimum à la maison, c’est à dire les devoirs demandés. C’est bon, je suis déjà maitresse la journée.

Je rêve que ma fille sorte de l’école en me racontant avec enthousiasme sa journée de classe remplie de projets, de créativité. Mais non, au menu ce sont fichiers, bureaux en rang d’ognon et bien assise toute la journée , avec un peu de sport, un peu d’arts plastiques ou… pas.

Cette année, elle aime la manière de sa maitresse de gérer le comportement. Pour résumé de manière sarcastique « plus tu es sage, conformiste plus tu as des points qui te permettent d’accéder à des privilèges.  » Ma fille est sage, ma fille est dans la règle à l’école. Donc au bout de 4 semaines, elle a eu droit à son premier privilège (le dauphin bleu).

Premier réflexion: 4 semaines c’est long!

Roulement de tambour pour le premier privilège. Ma fille a désormais le droit de prendre un livre de la bibliothèque de classe et le garder dans son casier.o4ummszm

Deuxième réflexion: depuis quand le plaisir de lire doit être un privilège à acquérir

J’ai demandé à GirlyMowgli combien d’enfants avaient eu ce privilège? Elle m’a avancé le nombre de 10 sur 27 élèves.

Troisième réflexion: si je suis un enfant en mal de lecture, est-ce que je vais kiffer d’obtenir ce premier privilège? Réponse: Non, non, non!!!

Le même privilège pour tous, pour une tribu de 27 élèves avec des caractères, des passions différents.

Quatrième réflexion: pour  motiver les élèves, il faut prendre en compte leur mode de fonctionnement .

Dans ma classe, ce sont mes élèves qui choisissent leurs privilèges, ils font des propositions lors de conseil d’enfants.

 

 

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Transmettre

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Au début, ce fut la colère, l’aigreur et l’abattement qui m’ont envahie. En juin, quand est arrivé cet hold-up sur les rythmes scolaires, j’ai bien failli jeter l’éponge et tirer un trait sur mon métier.

En fin juin, en quelques jours, dans la rapidité et un claquement de doigts, nous voilà revenu en arrière, nous voilà à la semaine de 4 jours.

Avec ma collègue, nous avons vécu cela comme un uppercut. Nous avons été sonnées surtout par la méthode.
Un nouveau président arrive, il se déclare être un président différent avec des méthodes différentes. Et dans la foulée, on balaye une réforme sans évaluer de la pertinence…comme avant. A ce moment-là, ce fut plus qu’une évidence: le système ne peut pas évoluer, il est sclérosé. Cela a encore démontré que les enjeux sont ailleurs et ne sont pas forcément pour le bien-être des enfants.

Il faut être clair:

  • Les mairies se sont saisies de cette possibilité offerte par l’exécutif. On va leur couper les vivres, la réforme des 4 jours et demi coûtant cher, zou du balai.
  • Les parents d’élèves, par rapport à leur besoin perso et leur envie de fournir des activités sportives, culturelles à leur progéniture, ont été trop contents de revenir en arrière.
  • Les enseignants, sur ce coup-là, n’ont jamais été aussi en accord avec les mairies et ils ont pu récupérer leur cher mercredi entièrement.

Et les apprentissages dans tout ça? qu’un détail…Et les enfants en difficultés d’apprentissage à qui on enlève une matinée d’apprentissage? un second détail…

Ensuite l’été est arrivé, je me suis recentrée, j’ai mis à distance mon abattement. J’ai tourné mille fois dans ma tête cette envie folle de quitter l’Education Nationale. Mais je revenais toujours au même endroit, j’aime enseigner, j’aime ce métier dans son essence, j’aime transmettre.

J’ai pris la décision de ne pas continuer ma formation CAFIPEMF car je ne crois plus en ce système et j’ai décidé de me recentrer uniquement sur ma classe, sur mon école et ne plus m’occuper des décisions ministérielles. Je reste uniquement en lien avec lui pour le programme, …Et puis, bon, je suis aussi directrice d’école donc j’ai trouvé un compromis avec moi-même et ce système sclérosé.

Avec ma collègue, nous avons beaucoup discuté. Nous avons opté pour faire de notre école, une école « alternative » au sein de l’Éducation Nationale. Nous avons le désir et une grande volonté  de dépoussiérer encore plus notre manière d’enseigner. Nous allons encore plus nous focaliser sur nos élèves et on va INNOVER. On va sortir de notre zone de confort. Une nouvelle aventure peut commencer sans rien attendre des autres.

je vous conseille de lire: un article sur le documentaire « une idée folle ».

 

NB: les  photos sont celles  de  notre superbe voyage en Islande de cet été.

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Teaser: un hold-up

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Et voilà, les vacances sont là. Une nouvelle année scolaire vient de prendre fin, ma treizième waoouh!

Celle-ci ne fut pas piquée des vers, haute en couleur. La dernière période de douze semaines fut loooongue, très looongue! De plus, la canicule ne nous a pas épargnés, nous avons eu des 34° dans nos classes.

Et puis nous avons vécu un vrai hold-up. Comme ce sont les vacances, je ne vous déverserai pas tout mon ressentiment, toute mon aigreur concernant cet hold-up. Je vous en reparlerai en fin de vacances. Je vous raconterai la dernière arnaque, celle qui a permis en un claquement de doigts de revenir sur les rythmes scolaires. Le hold-up qui fait qu’en deux jours, sans réflexion aucune, il a été décidé de repasser de 4 jours et demi à 4 jours. A vomir!

Ce jour-là, j’ai su que j’avais perdu mes illusions dans  l’Education Nationale!

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Plus d’illusions, est-ce grave?

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Au début de ma carrière, je ne comprenais pas ces instits blasés que je rencontrais dans les réunions. Je m’offusquais de ces enseignants qui ne prenaient plus acte des changements de programme.

J’étais jeune dans le métier et j’étais remplie d’illusions. Le hasard de la vie m’a amené à devenir enseignante à 31 ans. Ce métier je l’ai vraiment eu dans la peau, il m’a consumé, il m’en a fait perdre le sommeil. Il est passé si souvent en priorité dans ma vie.

Travailler pour des enfants, auprès des enfants c’est passionnant. Être enseignant c’est un beau métier. On éveille des enfants, on les ouvre au monde. Avec les grands, on leur développe l’esprit critique. Certes, n’oublions pas que nous leur transmettons des savoirs.

Quand je suis devenue enseignante, j’étais si fière de faire partie de cette grande aventure « l’Education Nationale ». J’étais fière d’enseigner dans l’école publique…quelle chance nous avons d’être dans un pays qui offre à nos enfants l’instruction gratuite et pour tous: étrangers, handicapés, sans discrimination aucune. Waoouh! quelle chance nous avons! mais nous l’avons oublié. La morosité ambiante nous fait oublier toutes les belles choses de notre pays.

Les premières années j’étais contrariée par toutes ces remarques contre l’école, contre le enseignants. J’étais peinée vraiment. Et puis, un jour, je suis devenue hermétique à tout cela, les remarques ont glissé…ou peut-être était-ce le début de l’érosion…de la perte de mes illusions.

Puis il y eut le règne de Nicolas Sarkozy, nous fûmes malmenés. Moi, en tant que directrice, ce ne fut pas toujours simple beaucoup de pressions. Et puis nous dûmes cohabiter avec un programme ahurissant. L’érosion de mes illusions a continué.

Sous Hollande, j’ai eu des sursauts de joie, ce fut les montagnes russes. Les grandes transformations furent entamées mais inachevées. Et plus la transformation s’engageait, plus les attaques, les hostilités s’amplifièrent. Les gens ont manqué de raison, de recul, de sagesse et n’ont plus analysé ces transformations avec le recul nécessaire, ils ont juste réagi…surréagi. L’érosion de mes convictions a pris de l’ampleur.

Et là, nous sommes rentrés dans une nouvelle ère de changements. En tant que citoyenne, je suis assez enthousiaste d’avoir du renouveau dans la classe politique. Je suis fière d’avoir un jeune et brillant président. Je savais très bien que les rythmes scolaires allaient être remis sur le tapis. Mais voilà les rythmes scolaires vont être choisis par les maires. Ce qui se passe à l’école, va être décidé par les maires. A cette annonce si rapide et sans évaluation du dispositif existant, quelle chose en moi a cédé. Je n’ai plus envie de résister…Je ne sais pas encore si c’est irréversible mais je n’y crois plus. J’ai perdu mes illusions. Je crois que je n’aurai plus la foi de continuer ma formation au CAFIPEMF. Je rêve d’un autre métier.

Je crois que je suis résignée aucune transformation est possible. Je ne sais où l’avenir va me mener mais il est possible que cela soit ailleurs. Wait and See.

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Eloge au sommeil

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Les mois passent et je continue de dormir.
Les mois passent et je goûte aux nuits de 7 heures d’affilé.
Quelquefois, je vois apparaitre le beau du nez d’une insomnie mais juste une nuit.

Depuis octobre, depuis que je suis allée voir une praticienne en hypnose (ICI), je découvre une vie sans insomnies. Et ça, cela n’a pas de prix!

Au fil des mois, je me rends compte comme toutes ces années remplies d’insomnies ont modifié peu à peu ma vie.

J’ai toujours compris que les insomnies pourrissaient ma vie, mon énergie, mon mental mais pas autant qu’aujourd’hui où je dors.

Comment ai-je tenu autant de temps? Cela reste un mystère. L’an dernier a été l’année de tous les dangers. L’année de trop, l’année des insomnies en continue avec très peu de pause. Une alarme s’est déclenchée l’été 2016, une alarme qui m’a signifié que si je ne réagissais pas, j’allais y laisser ma peau. Si, si, si….laisser ma peau sans aucun doute. Soit le mental soit la santé.

Ma vie a changé, j’ai changé, je n’ai plus envie de procrastiner. En fait, j’avais l’impression que c’était un choix de procrastiner mais non, j’étais tout simplement crevée. Je n’avais pas envie de faire grand chose pendant mes weekend.

Et puis il y a eu ces choix de vie, cette prise en main: régler mes insomnies, méditer, rituels du matin. Et tout cela réuni m’a reboosté, m’a redonné de l’énergie. Dans ce weekend, je peux faire plein de choses pour la maison, le potager ou autre. Je me sens bien, pas tendue. J’ai une heure tous les matins pour moi. Je fais du sport, je vais marcher tous les mardis avec ma collègue de travail, je passe plus de temps de qualité avec ma fille…

Je suis ravie d’avoir fait le choix de reprendre ma vie en main et de m’y tenir. Si au début, cela demande de la discipline, après cela devient de nouvelles habitudes de vie.

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Mes lectures 2017 #1

designEn ce début d’année, j’avais envie de lire un livre sur une femme d’exception. A la médiathèque, je suis tombée sur le livre de Malala. Bingo.

Je suis toujours aussi impressionnée, stupéfaite de voir que de nos jours des filles, des femmes sont traitées d’une manière aussi ignoble.

Malala est une personne extraordinaire, courageuse. Elle a , en elle, ce combat pour l’éducation pour les filles depuis qu’elle est enfant. ll faut dire que son père est un farouche défenseur de l’éducation pour les filles. Comme souvent, je trouve, que ces femmes d’exception ont eu un père qui fut la clef de voute de leur combat, de leur courage. Son père a une admiration sans faille de sa fille, il la soutient , il l’accompagne dans son combat.

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Tout le monde devrait lire ce livre pour mieux comprendre ce qu’est la vie dans un pays dirigé par  les talibans. Quand on lit, ce genre de livre on comprend pourquoi les gens ont envie de fuir leur pays. Quel courage elle a eu!

Quand on voit que dans notre pays, on consomme l’école sans se rendre compte que c’est une chance d’avoir l’école gratuite pour tous. Beaucoup de français râlent contre l’école mais bon il ne faut pas pousser mémé dans les orties. L’école gratuite et accessible à tous est une porte ouverte vers tant de possibles.

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  • Consommons moins l’école et soyons conscients que des personnes dans le monde se battent pour avoir notre système éducatif.
  • Regardons les migrants avec plus d’empathie car la plupart a une histoire dramatique.

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