Publié dans apprentissage, école, éducation

Un carquois et des flèches

fe933ae90da7768d92994dd23a1bc5d9

Quand cette année, nous avons été confrontées au harcèlement scolaire et au climat d’école qui se détériorait…nous avons tourné et retourné la situation pour comprendre.

Les enfants avaient souvent des rapports aux autres qui relevaient du rapport de force, du rabaissement, des moqueries…Nous étions devenues le bureau des pleurs « Il m’a dit ça », « Il m’a fait ceci. » . Et toujours par bienveillance, nous nous escrimions à essayer de régler ces diverses situations. Nous avons opté pour la solution de l’adulte, c’est à l’adulte de régler cela.

Et là, j’ai écouté un podcast d’Emmanuelle Piquet « Souffrances dans la cour: mieux armer les enfants contre le harcèlement. » et là, ce fut THE révélation. Emmanuelle Piquet,  psychopraticienne en thérapie brève, fondatrice des centres chagrin scolaire, prend un tout autre angle. Pour elle, il faut que nous n’intervenions pas dans les relations entre les enfants (à part grosse problématique). Nous devons apprendre à nos enfants à tous âges (elle raconte une anecdote à la crèche) à avoir un carquois dans leur donner et apprendre à tirer des flèches (avec les mots, avec l’humour). Elle part du principe que le harcelé, s’il ne règle pas lui-même son problème, sera toujours dans cette position.

Elle est très intéressante à écouter, elle a beaucoup d’humour. Et elle s’appuie sur les cas qu’elle a été amenée à traiter.

Depuis que j’ai écouté Emmanuelle Piquet, j’essaye d’agir différemment. Quand un enfant vient se plaindre d’un autre, nous réfléchissons ce qu’il pourrait faire lui (tirer sa flèche). L’idée c’est que l’enfant se rende compte qu’en faisant bouger les lignes, cela a de fortes possibilités de marcher.

Et le deuxième effet kiss cool, l’enfant aura rempli son réservoir d’estime de soi. Il sera content de lui d’avoir agi par lui-même.

Il n’est pas facile aux adultes (parents ou enseignants) de garder une certain distance. En voulant bien faire, nous envenimons les choses car du coup, les « embêteurs » le feront avec plus de sournoiserie.

Je vous conseille la lecture de cet article: « Cette femme apprend aux enfants à riposter. »

Et voici deux des ouvrages d’Emmanuelle Piquet que je n’ai pas encore lus.

Publicités
Publié dans Coup de coeur, Lecture, Pleine Conscience

Mes lectures 2017 #23

IMG_4686

En 2016, j’avais déjà lu ce livre, je vous avais parlé par ICI. Mais quand je le lisais, je savais que je serais amenée à le relire, c’était une évidence.

Les mois sont passés et j’ai continué à méditer et à lire sur la Pleine conscience. J’ai ressenti le désir de me replonger dans le livre de Christophe André, qui est pour moi THE livre, le livre qu’il faut avoir, le livre qu’il faut lire, il est incontournable.

Je l’ai relu avec délectation et il m’a toujours autant questionné, fait vibrer…

Il y a, dans la pleine conscience, la nécessité de se recueillir. Se recueillir, c’est se recentrer, se « réhabiter », reprendre contact avec soi-même, là où précisément beaucoup de nos actes et de nos environnements nous coupent de nous-mêmes.

Au bout de 10 mois de méditation, de vivre au mieux en Pleine Conscience, j’ai vraiment cette impression de « me réhabiter ». Je ressens mon corps, je suis encore plus mon instinct.

Vivre conscient n’est pas sans risque, et le recueillement pousse vite au désir de dépouillement, non pour s’appauvrir mais pour s’alléger.

 

Renoncer à attendre: c’est, sans doute, pour le débutant, l’aspect le plus déconcertant de la formation à la méditation de pleine conscience. Ne rien attendre, ne pas espérer que la séance soit source d’éclaircissements ou apaisements.

Il me semble que moins on attend quelque chose dans la médiation, plus on a des chances de méditer longtemps et avec régularité. Je constate que les gens qui m’entourent et qui n’arrivent pas à tenir la régularité de la médiation, qui abandonnent, sont ceux qui sont déçus, car ils attendent quelque chose…qui ne vient pas. En attendant quelque chose de la médiation, on se trouve dans autre chose que le présent, la Pleine conscience, on anticipe.

Au bout de 10 mois de médiation, cela est devenu une hygiène de vie. Le peu de fois que je ne médite pas, cela ne me va pas. C’est pareil que pour la douche, le petit-déjeuner.

 

design

Publié dans apprentissage, école, être soi, Humeur

Cela ressemble à un consensus.

81f63596ca331d20aa21f45da9dd734a

Je mettais une croix pour tout jour fait dans cette classe.

J’ai beaucoup crié, je me suis beaucoup agacée contre ce groupe si compliqué. J’ai été frustrée de ne pouvoir amener tant de projets au bout.

Cette année fut parsemée de beaucoup d’agressivités, d’agitations, d’égos  surdimensionnés. Et puis il y a eu aussi à gérer des problèmes de parents. Ce fut compliqué mais j’ai réussi à séparer ma vie perso de ce chaos.
J’ai été déçue de ne pas arriver à lâcher prise quand j’étais face à eux.

Et puis un jour, eux et moi on s’est amarrés ensemble, nous sommes montés dans le même bateau . J’ai réussi à lâcher prise, nous avons plus ri, j’ai moins crié, j’ai ressenti moins d’agacement en moi. Quelque chose s’est apaisée en moi et j’ai pu créer plus de liens entre eux et moi. Ils sont toujours aussi agités, beaucoup sont à côté de la plaque.

Ce qui est fou, c’est que durant tous ces mois si compliqués, j’ai toujours su que ce groupe si « électron libre », m’estimait beaucoup. Entre eux et moi (eux et leur enseignante de référence), il y a une relation comme des maternelles avec leur maitresse ou maitre.

Peut-être qu’en cette fin d’année, le collège arrivant ils ont besoin de se rapprocher. Je sens qu’ils sont tiraillés. Quelquefois, certains me disent en souriant si je peux les garder l’an prochain. Oui, c’est indéniable, j’ai lâcher-prise en ce dernier mois d’école. Je ne ferai pas de miracle désormais, c’est un fait. Mon âme de maitresse a intégré ce paramètre.

Certains ont avancé, certains ont grandi, d’autres se sont enlisés, n’ont pas trouvé sens à l’école.

Dans cette classe, on rit, on partage des bons moments…mais aussi je leur mets encore quelques dégagés, dans ces moments-là, ils ressemblent au chat Potté.

00-Chat-Potté-600x315

Publié dans école, Coup de coeur, Femme d'exception, Lecture

Mes lectures 2017 #21 & 22

IMG_4643

Depuis l’an dernier, je découvre la mythologie grecque en même temps que mes élèves.  L’an dernier, nous avons lu à nos élèves « Le feuilleton d’Hermès » (voir ICI). Et cette année, nous lisons « Le feuilleton de Thésée » (voir ICI). Dans ce feuilleton, j’ai découvert le mythe d’Oedipe ainsi que celui de sa fille Antigone. Ces deux personnages m’ont littéralement fascinée. J’avais quelques connaissances sur Oedipe mais après avoir lu son histoire avec mes élèves, j’ai eu follement envie d’en savoir plus.

Antigone, fille incestueuse d’Oedipe et de sa mère Jocaste, est un personnage incroyable. Elle est courageuse, fidèle à son père mais surtout fidèle à ses convictions. Quand Oedipe s’exile après s’être crevé les yeux, Antigone l’accompagne dans son périple. Elle laisse tout derrière elle: famille, confort…

Avec Bauchau, on retrouve Antigone quand elle revient de son périple car son père est mort. Ce roman nous montre Antigone qui tente avec toute son âme de réconcilier ses deux frères. Ces derniers ne pensent qu’au pouvoir, qu’à dominer l’autre.

« C’est beau, Antigone. C’est elle et ce sont eux. C’est la beauté de notre mère, non pas comme elle était mais dans leurs regards. Etéocle qui sait qu’il est fasciné, presque aveuglé, et Polynice qui l’est aussi mais qui, enfermé dans sa gloire, l’ignore.
C’est aussi tellement toi, Antigone, cette confiance intarissable dans l’action de la vérité, dont on ne sait si elle est magnifique ou seulement idiote. Crois-tu qu’on peut sans délirer, espérer comme tu fais ? Est-ce que tu penses que les jumeaux te comprendront et que même s’ils te comprennent, cela les fera sortir de leur passions ? »

Elle tentera de faire le lien afin d’éviter le drame mais  en vain. On suit Antigone dans cette quête de la réconciliation impossible: elle les aime tant.

Lumineuse, intrépide, féminine, l’Antigone d’Henry Bauchau s’inscrit avec force dans l’histoire de la réécriture du mythe.
Il fallait sans doute un roman pour incarner les passions de la jeune mendiante qui, après après avoir suivi son père, le roi aveugle Œdipe, des années durant, prend contre toute prudence le chemin de Thèbes avec l’espoir d’empêcher la guerre entre les fils de Jocaste, ses deux frères tant aimés. Commence alors pour elle une suite d’épreuves, de doutes, de joies et de déchirements.

Source Babelio

J’ai d’abord lu la version d’Anouilh. Je sais que je l’ai lu au lycée mais sans conviction à l’époque. C’est avec curiosité, que j’ai redécouvert cet ouvrage.  Très vite, je me suis habituée au type de texte du théâtre. Je l’ai même oublié. A travers son écriture, Jean Anouilh nous dépeint une Antigone sans concession. Elle s’oppose jusqu’à la mort, au roi Créon. Lui, ne veut pas céder et elle veut que son frère Polynice soit enterré afin que son âme trouve le repos. Les dialogues sont magnifiques.

Après Sophocle, Jean Anouilh reprend le mythe d’Antigone. Fille d’Oedipe et de Jocaste, la jeune Antigone est en révolte contre la loi humaine qui interdit d’enterrer le corps de son frère Polynice. Présentée sous l’Occupation, en 1944, l’Antigone d’Anouilh met en scène l’absolu d’un personnage en révolte face au pouvoir, à l’injustice et à la médiocrité.

Je trouve qu’Antigone est un personnage, qui au bout de tous ces siècles, reste profondément contemporaine. Elle est fascinante par sa détermination et sa droiture. C’est une femme d’exception.

Il me reste plus qu’à lire la version d’origine de Sophocle.

Publié dans Consommation éclairée, projet

Notre potager en permaculture #6: la coccinelle

Dans la démarche de la permaculture, le jardinier prend en compte l’ensemble de son potager, il favorise l’écosystème. Évidemment, il faut être stratégique car le but c’est le zéro pesticide. Alors on invite des auxiliaires, des aides jardiniers. Il faut amener toutes les petits aides de la nature possible.

Petit coup de projecteur sur la coccinelle:

Depuis des années, nous avons des coccinelles dans notre petit jardin. Chaque année, on peut les observer. Au début du printemps, nos altéas font leurs feuilles et aussi sec, des tonnes de pucerons arrivent. Les pucerons ne sont pas les copains des jardiniers, oh! non!

Chaque année, je jubile car nous pouvons observer le nettoyage en règle des larves de coccinelles.

evolutionVoici le même rameau en une semaine d’écart.

Nous sommes en joie d’avoir une grande population de coccinelles car elles vont nous aider à réguler les pucerons de notre potager.

Dans mon tout petit jardin, nous pouvons observer les différentes étapes deux cycles de vie de la coccinelle. C’est notre grand jeu de chercher ua fil du temps l’étape d’après.

Oeufs:

IMG_3158

Larve:

IMG_4543

Larve et mues:

IMG_3377

 

Larve et nymphe:

IMG_4637

Coccinelle adulte:

IMG_4640

Publié dans école, éducation, Réflexion

Plus d’illusions, est-ce grave?

591925d074d8432b7df67013aca621f2

Au début de ma carrière, je ne comprenais pas ces instits blasés que je rencontrais dans les réunions. Je m’offusquais de ces enseignants qui ne prenaient plus acte des changements de programme.

J’étais jeune dans le métier et j’étais remplie d’illusions. Le hasard de la vie m’a amené à devenir enseignante à 31 ans. Ce métier je l’ai vraiment eu dans la peau, il m’a consumé, il m’en a fait perdre le sommeil. Il est passé si souvent en priorité dans ma vie.

Travailler pour des enfants, auprès des enfants c’est passionnant. Être enseignant c’est un beau métier. On éveille des enfants, on les ouvre au monde. Avec les grands, on leur développe l’esprit critique. Certes, n’oublions pas que nous leur transmettons des savoirs.

Quand je suis devenue enseignante, j’étais si fière de faire partie de cette grande aventure « l’Education Nationale ». J’étais fière d’enseigner dans l’école publique…quelle chance nous avons d’être dans un pays qui offre à nos enfants l’instruction gratuite et pour tous: étrangers, handicapés, sans discrimination aucune. Waoouh! quelle chance nous avons! mais nous l’avons oublié. La morosité ambiante nous fait oublier toutes les belles choses de notre pays.

Les premières années j’étais contrariée par toutes ces remarques contre l’école, contre le enseignants. J’étais peinée vraiment. Et puis, un jour, je suis devenue hermétique à tout cela, les remarques ont glissé…ou peut-être était-ce le début de l’érosion…de la perte de mes illusions.

Puis il y eut le règne de Nicolas Sarkozy, nous fûmes malmenés. Moi, en tant que directrice, ce ne fut pas toujours simple beaucoup de pressions. Et puis nous dûmes cohabiter avec un programme ahurissant. L’érosion de mes illusions a continué.

Sous Hollande, j’ai eu des sursauts de joie, ce fut les montagnes russes. Les grandes transformations furent entamées mais inachevées. Et plus la transformation s’engageait, plus les attaques, les hostilités s’amplifièrent. Les gens ont manqué de raison, de recul, de sagesse et n’ont plus analysé ces transformations avec le recul nécessaire, ils ont juste réagi…surréagi. L’érosion de mes convictions a pris de l’ampleur.

Et là, nous sommes rentrés dans une nouvelle ère de changements. En tant que citoyenne, je suis assez enthousiaste d’avoir du renouveau dans la classe politique. Je suis fière d’avoir un jeune et brillant président. Je savais très bien que les rythmes scolaires allaient être remis sur le tapis. Mais voilà les rythmes scolaires vont être choisis par les maires. Ce qui se passe à l’école, va être décidé par les maires. A cette annonce si rapide et sans évaluation du dispositif existant, quelle chose en moi a cédé. Je n’ai plus envie de résister…Je ne sais pas encore si c’est irréversible mais je n’y crois plus. J’ai perdu mes illusions. Je crois que je n’aurai plus la foi de continuer ma formation au CAFIPEMF. Je rêve d’un autre métier.

Je crois que je suis résignée aucune transformation est possible. Je ne sais où l’avenir va me mener mais il est possible que cela soit ailleurs. Wait and See.

Publié dans Consommation éclairée, projet

Notre potager en permaculture #5: le compost

IMG_4569

Késako le compost?

Le compost c’est du terreau fait maison 😉 Avec le compost, l’idée c’est de faire comme dans une forêt sauf qu’avec un compost, cela va plus vite.

Les avantages:

  • Réduire nos déchets alimentaires. Au lieu de jeter à la poubelle, nos déchets alimentaires, on les met au compost. Par chez nous, une partie de nos déchets alimentaires sont relevés par le service des collectes des ordures. Ils permettent d' »alimenter » une usine de méthanisation.
  • Produire son propre terreau pour son jardin. Ce qui garantira sa provenance et sa qualité.
  • Le compost va produire une terre riche en nutriment mais grumeleuse. Les végétaux vont pourvoir s’enraciner facilement.

 

Où  faire le compostage?

Le compost peut être mis dans un silo, un contenant spécial…Pour ceux qui veulent se lancer dans le compostage dans un appartement, il y a une bonne alternative, c’est le lombricomposteur.
Chez nous, le chef du compost, l’Homme a choisi un endroit de notre jardin pas au soleil. Nous n’utilisons pas de contenant.

Quelques principes pour obtenir un compost de qualité:

IMG_3204

  • Varier les déchets: végétaux riche en carbone,  d’autres riches en azote…
  • Ne pas mettre de viande, pas de coquilles d’oeuf (on peut en mettre mais broyées)
  • tenir le compost humide.
  • le mélanger de temps en temps.

P1300420

  • notre compost étant petit, l’Homme  met que des petites quantités d’éléments.

 

La qualité du compost:

L’Homme est ravi de son compost. Quand nous avons mis en route notre potager, nous avons pu profiter d’une première quantité de compost fait. En le remuant, nous avons pu trouver à l’intérieur des larves de cétoine.

P1300418

P1300419

L’Homme étant un professionnel (animateur environnement) , connait très bien les petites bêtes. Il a su identifier ces larves. Celles -ci à al différence des larves de Hanneton sont un plus pour notre jardin. Les larves de cétoines recyclent la matière organique (ce sont des décomposeurs) et donc améliorent le compost. Et roulement de tambour, la cétoine ne s’attaquent pas aux racines des plantes…ce qui est un grand avantage pour le jardinier.

Si vous souhaitez en savoir plus, cliquez ICI

Dans un prochain post, une assistante du jardinier : la coccinelle